mardi, 2 juin 2020|

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AFRIQUE DU SUD - Risque d’explosion des bidonvilles en état de confinement, un des effets sociaux de la lutte contre le Covid-19

– « Les cas sont un peu plus d’un millier et les morts se comptent sur les doigts d’une main mais le Covid-19 fait en tout état de cause peur en Afrique du Sud. “Le virus – explique à l’Agence Fides le Père Pablo Velasquez, missionnaire scalabrinien à Johannesburg – préoccupe fortement. Ce qui épouvante cependant est la diffusion de l’épidémie mais aussi la possible réaction sociale à la quarantaine ».

www.radinrue.com le III -IV -MMXX, 15:33, FIDES

Les décrets pris par le Président Cyril Ramaphosa imposent la fermeture des activités économiques et l’obligation de rester à son domicile. Pour les strates moyennes et aisées ceci ne constitue pas un problème. « Les strates aisées de la population – poursuit le prêtre – disposent de ressources économiques et de garanties en termes d’emploi qui les protègent et les aident à respecter les directives. Il n’en est pas ainsi pour les strates les plus pauvres ».

Les habitants des bidonvilles des grandes villes sud-africaines vivent grâce à l’économie informelle : petit commerce, services domestiques etc. Ils ne bénéficient d’aucune protection. « Pour eux – poursuit le missionnaire – perdre des jours de travail signifie ne rien gagner et par suite ne pas disposer de ressources pour acheter de la nourriture à leurs familles. C’est pourquoi ces mesures n’ont pas été accueillies favorablement dans les quartiers pauvres ». La fermeture des bidonvilles peut, par ailleurs, empirer la contamination. Les conditions de vie y sont en effet très dures. Des familles de cinq ou six personnes vivent souvent dans une petite pièce, l’une à côté de l’autre. La diffusion du virus devient ainsi plus simple.

La condition des immigrés, qui représentent 7,5% de la population, est par ailleurs particulièrement dramatique. « En cette phase de verrouillage – remarque le Père Filippo Ferraro, missionnaire scalabrinien au Cap – les immigrés ont des difficultés à renouveler leurs permis de séjour et risquent ainsi de finir dans l’illégalité. De surcroît ils ne peuvent travailler et ne disposent donc pas de ressources pour manger ».

Ainsi, alors que la police patrouille les quartiers résidentiels, autour des grands bidonvilles ont été envoyés des militaires en tenue de combat. « Fermer un quartier populaire – explique le missionnaire – revient à mettre un couvercle sur une cocotte en ébullition : en l’absence de valve de sécurité, elle risque d’exploser ».

Dans ce contexte, le système sanitaire ne semble pas prêt à faire face à une épidémie sur une vaste échelle. « Le système local – conclut le Père Ferraro – est semblable au système américain, où les meilleurs soins sont assurés seulement à ceux qui peuvent se les permettre économiquement. La majeure partie de la population pauvre est donc contrainte à s’adresser aux rares structures publiques mais celles-ci sont déjà à bout de souffle. Le danger est qu’il n’existe pas assez de moyens médicaux pour contenir la diffusion du virus ».

/FIDES (EC) — rr

 
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