jeudi, 4 juin 2020|

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Le Pape face au Covid-19, deux prières pour demander à Dieu son intervention

Dimanche après-midi, le Saint-Père est sorti du Vatican pour aller vénérer Marie Salus populi Romani en la Basilique Sainte Marie Majeure. Il a prié ensuite devant le crucifix qui a sauvé Rome de la peste, en l’église San Marcello al Corso.

www.radinrue.com le XVIII -III - MMXX, 10h00

Le Pape François, en ce troisième dimanche de carême, sortant du Vatican, a souhaité souligner sa proximité avec ceux qui souffrent en allant s’incliner pour une intense prière devant l’icône de Marie Salus populi Romani, en la Basilique romaine de Sainte Marie Majeure, et demander la protection spéciale de la Vierge, première étape de ses deux visites.

« Cet après-midi, peu après 16 heures, le Pape François a quitté le Vatican », indique le Directeur de la Salle de Presse du Saint Siège, Matteo Bruni, « et s’est rendu en visite privée en la Basilique Sainte Marie Majeure pour adresser une prière à la Vierge, Salus populi Romani, dont l’icône y est conservée et vénérée. Il s’est ensuite rendu en l’église San Marcello al Corso, où est conservé le Crucifix miraculeux qui, en 1522, a été porté en procession dans les quartiers de la ville pour mettre fin à la ’Grande Peste’ de Rome. Dans sa prière, le Saint-Père a invoqué la fin de la pandémie qui frappe l’Italie et le monde ; il a imploré la guérison des nombreux malades, a fait mémoire des nombreuses victimes de ces derniers jours demandant que leurs familles et leurs amis trouvent consolation et réconfort. Dans son intention de prière, le Pape a inclus les professionnels de la santé, les médecins, les infirmiers, et ceux qui en cette période, par leur travail, garantissent le fonctionnement de la société. Le Saint-Père est rentré au Vatican vers 17h30 ».

Une icône et un Crucifix chers à l’Église de Rome

La dévotion particulière du Pape pour la Vierge Marie Salus populi Romani est bien connue : François a l’habitude de se rendre à Sainte Marie Majeure non seulement à l’occasion des grandes fêtes mariales, mais également à chacun de ses voyages internationaux, avant son départ et dès son retour, le temps d’une prière d’action de grâce. En 593, le pape Grégoire Ier l’avait emmenée en procession contre la peste, et en 1837, Grégoire XVI l’avait invoquée contre une épidémie de choléra.

La deuxième étape romaine de François était tout autant significative, compte tenu du moment que nous traversons : l’église de San Marcello al Corso, où se trouve un ancien crucifix en bois du XVe siècle, considéré par les spécialistes comme le plus réaliste de Rome. Il a survécu à un incendie et est vénéré pour avoir sauvé la ville de la peste. Ce crucifix, que Saint Jean Paul II avait embrassé, a marqué le point d’orgue de la journée du pardon lors du Grand Jubilé de l’an 2000.

Les nombreuses traditions de miracles attribuées au Crucifix ont commencé le 23 mai 1519 lorsqu’un incendie, en pleine la nuit, a complètement détruit l’église dédiée au Pape Marcel. Au lever du jour, l’ensemble du bâtiment était réduit en cendres mais au milieu des ruines le crucifix du maître-autel, au pied duquel brûle encore une petite lampe à huile était resté intact. Cette image touche beaucoup les fidèles, poussant certains d’entre eux à se rassembler tous les vendredis soir pour prier. Le 8 octobre 1519, le Pape Léon X ordonnait la reconstruction de l’église.

Trois ans après l’incendie, Rome fut frappée par la « Grande Peste ». Les fidèles portèrent alors le crucifix en procession, parvenant à surmonter les interdictions des autorités, naturellement préoccupées par la propagation de la maladie. Le crucifix fut emporté et transporté dans les rues de Rome jusqu’à la Basilique Saint-Pierre. La procession dura 16 jours, du 4 au 20 août 1522. Au fur et à mesure de la procession, la peste donnait des signes de régression, et chaque quartier essayait de conserver le crucifix le plus longtemps possible. A la fin, lorsqu’il fut ramené à l’église, la peste avait complètement cessé. A partir du XVIIe siècle, la procession entre l’église de San Marcello et la basilique Saint-Pierre devient une tradition au cours de l’année sainte. Les noms des différents Papes et les années jubilaires sont gravés au dos de la croix.

Le Pape a accordé un long Entretien au quotidien italien La Repubblica dans lequel il demande à chacun d’être proche de ceux qui ont perdu des êtres chers.

« J’ai demandé au Seigneur de stopper l’épidémie : Seigneur, arrête-la de ta main. J’ai prié pour cela ». C’est ce que révèle François au journaliste Paolo Rodari de La Repubblica lorsqu’il lui demande quelle avait été sa prière dimanche après-midi à Sainte Marie Majeure et San Marcello al Corso, au cœur de Rome.

Le Pape suggère comment vivre ces jours difficiles :


“Nous devons redécouvrir le caractère concret des petites choses, des petites attentions à avoir envers nos proches, nos parents, nos amis. Et comprendre que dans ces petites choses, il y a notre trésor. Il y a des gestes minimes, qui se perdent parfois dans l’anonymat du quotidien, des gestes de tendresse, d’affection, de compassion, qui sont pourtant décisifs, importants. Par exemple, un plat chaud, une caresse, un câlin, un appel téléphonique... Ce sont des gestes familiers d’attention aux petits détails de chaque jour qui donnent un sens à la vie et qui font qu’il y a communion et communication entre nous.”

« Parfois, poursuit François, nous vivons une communication entre nous qui n’est que virtuelle. Nous devrions plutôt découvrir une nouvelle proximité. Une relation concrète faite d’attention et de patience. Souvent les familles à la maison mangent ensemble dans un grand silence qui cependant n’est pas le fruit d’une écoute réciproque, mais lié au fait que les parents regardent la télévision pendant qu’ils mangent et que leurs enfants sont sur leur téléphone portable. On dirait des moines isolés les uns des autres. Il n’y a là aucune communication. Il est important au contraire de s’écouter les uns les autres parce que nous comprenons les besoins de chacun, leurs besoins, leurs efforts, leurs désirs. Il y a un langage fait de gestes concrets qui doit être sauvegardé. A mon avis, la douleur de ces jours doit s’ouvrir vers ce concret ».

Une attention spéciale pour ceux qui sont en première ligne

Le Pape adresse une pensée particulière pour le personnel de santé, pour les bénévoles et pour les familles des victimes : « Je remercie ceux qui se dépensent pour les autres. Ils sont un exemple de ce caractère concret. Et je demande que chacun soit proche de ceux qui ont perdu des êtres chers, en essayant de les accompagner de toutes les manières possibles. La consolation doit maintenant être l’engagement de tous ». François se dit frappé, à cet égard, par un article récemment publié par un autre journaliste, Fabio Fazio, en particulier par le fait que « notre comportement influence toujours la vie des autres » en citant l’exemple de ceux qui, ne payant par leurs impôts, affaiblissent les services de santé.

Enfin, François invite tout le monde à espérer, même ceux qui ne croient pas :

« Tous sont enfants de Dieu, et Dieu les regarde. Même ceux qui ne l’ont pas encore rencontré, qui n’ont pas le don de la foi, peuvent trouver là leur chemin, dans les belles choses auxquelles ils croient : ils peuvent trouver la force dans l’amour pour leurs enfants, pour leur famille, pour leurs frères et sœurs. Quelqu’un peut dire : ‘Je ne peux pas prier parce que je ne crois pas’. Mais en même temps, il peut croire en l’amour des gens qui l’entourent et là trouver de l’espérance ».

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