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La démission du Cardinal Barbarin acceptée par le Saint-Père François

Ce vendredi 6 mars 2020, le Saint-Père a accepté la démission du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules depuis le 16 juillet 2002.

www.radinrue.com le VI - III -MMXX, 17:38

Il l’avait annoncé à Lyon le 30 janvier dernier, c’est désormais chose faite. Le cardinal Philippe Barbarin a remis sa démission au Pape François, et celui-ci l’a accepté, comme en fait part le Bureau de Presse du Saint-Siège ce 6 mars : « Le Saint-Père a accepté la renonciation au gouvernement pastoral de l’archidiocèse métropolitain de Lyon (France) présentée par le cardinal Philippe Barbarin », est-il écrit dans le bulletin du jour.

« Renouveler son élan missionnaire avec un cœur pur »

L’Église de France n’a pas tardé à s’exprimer suite à cette démission du primat des Gaules. « La Conférence des évêques de France (CEF) assure le diocèse de Lyon de la prière fraternelle de tous les catholiques de France. Après les épreuves de ces derniers mois, puisse le diocèse de Lyon poursuivre le travail de vérité et de réconciliation qu’il a engagé et renouveler son élan missionnaire avec un cœur pur, a souhaité Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la CEF, dans un communiqué publié ce vendredi. La Conférence des évêques de France remercie le cardinal Philippe Barbarin pour ce qu’il a apporté à l’Église en France pendant son service épiscopal à Moulins et à Lyon depuis 1998. Elle lui exprime son amitié fraternelle, alors que commence pour lui un temps nouveau de son ministère au service du Christ et de l’Église. Avec lui, elle espère que l’issue des procédures engagées contribuera à l’apaisement des personnes victimes, à qui elle redit sa profonde douleur de ce qu’elles ont pu subir », lit-on également.

Le cardinal Barbarin a quant à lui fait part de sa réaction dans une vidéo relayée par l’achidiocèse de Lyon. « À mes frères et sœurs du diocèse de Lyon, au moment où le pape François me relève de ma charge pastorale Un très grand MERCI, et une consigne toute simple : suivre Jésus de près dans une Église servante, fraternelle et missionnaire. +PB », a-t-il aussi tweeté sur son compte personnel.

« Un nouveau chapitre » peut donc commencer pour l’Église de Lyon, selon les mots employés par l’archevêque devant la presse à l’issue d’une longue procédure judiciaire. Le 30 janvier dernier, le cardinal Barbarin était en effet relaxé au terme de son procès en appel pour non-dénonciation d’abus sexuels sur mineurs, dans le cadre des accusations visant l’ancien prêtre Bernard Preynat.

Une première démission refusée

Le cardinal Barbarin avait déjà remis une première fois sa démission au Pape François, il y a un an, le 18 mars 2019. L’archevêque de Lyon avait alors été condamné en première instance à six mois de prison avec sursis. Mais le Saint-Père, invoquant la présomption d’innocence, n’avait pas accepté cette démission. « Conscient, cependant, des difficultés que connaît actuellement l’archidiocèse, le Saint-Père a laissé le cardinal Barbarin libre de prendre la décision la plus appropriée pour son diocèse », déclarait le lendemain Alessandro Gisotti, alors directeur par intérim du Bureau de Presse du Saint-Siège. Le cardinal Barbarin avait alors décidé de se mettre en retrait pour quelque temps et de demander au père Yves Baumgarten, vicaire général, de prendre la conduite du diocèse.

« Une page se tourne », déclare Mgr Dubost

Le Pape François avait ensuite nommé, le 24 juin, un administrateur apostolique du diocèse de Lyon : Mgr Michel Dubost, ancien évêque aux armées et évêque émérite du diocèse d’Évry-Corbeille-Essonnes. À celui-ci devrait donc bientôt succéder un nouvel archevêque de Lyon et primat des Gaules, dont le choix revient au Saint-Père. Mgr Michel Dubost a publié le message suivant ce 6 mars à l’attention des acteurs pastoraux du diocèse de Lyon : « Le Pape vient d’accepter la démission du Cardinal Barbarin. Pour aucun d’entre nous ceci est une surprise ; pour autant nous sentons que nous vivons un moment important pour le diocèse. Une page se tourne. Elle est pleine de moments extraordinairement riches et il nous faut en rendre grâce. Nous le ferons plus particulièrement le 15 mai à 19h à la cathédrale autour du Cardinal. Elle a aussi été marquée par le drame, l’épreuve. Dans quelques semaines nous aurons un nouvel archevêque. Sa venue doit être l’occasion d’un renouveau dans l’unité. En l’attendant, le Saint-Père m’a demandé d’être avec vous et de continuer à porter la charge épiscopale du diocèse comme administrateur. Pour nous, il n’y a pas de meilleure manière de nous préparer à demain que de rester missionnaire, de vivre la mission que le Christ nous a donnée et de continuer à marcher avec lui sur les routes des hommes ».

Verdict attendu le 16 mars pour Bernard Preynat

La procédure judiciaire doit quant à elle se poursuivre, avec le pourvoi en cassation des victimes de Bernard Preynat. Une décision prise le jour-même de l’annonce de la relaxe du cardinal Barbarin, et confirmée par l’avocat des victimes, Me Yves Sauvayre : « ça sera à la Cour de nous dire clairement ce que dit la loi française en matière de non dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs », avait-il expliqué le 30 janvier.

La première étape de ce procès s’était ouverte le 7 janvier 2019 devant le tribunal correctionnel de Lyon, avec une procédure de citation directe. Dix victimes de Bernard Preynat avaient poursuivi le cardinal et son entourage pour ne pas avoir dénoncé l’ancien prêtre à la justice et avoir tardé à l’écarter de ses charges pastorales. Aumônier scout dans les années 1970 et 1980 dans la banlieue lyonnaise, le prêtre aurait abusé de plus de 70 jeunes scouts, au sein d’une troupe qui n’était pas affiliée aux mouvements scouts officiels. L’ampleur du scandale a eu une onde de choc bien au-delà du diocèse lyonnais, et a secoué l’Église de France.

Bernard Preynat, pour sa part, a fait l’objet d’un procès ecclésiastique et a été démis de l’état clérical au cours de l’été dernier. Son procès pénal s’est tenu du 14 au 17 janvier dernier, dans le cadre d’une procédure totalement distincte de celle concernant le cardinal Barbarin. Le procureur de la République a requis à l’encontre de l’ancien prêtre une peine d’au moins huit ans de prison ferme pour de multiples agressions sexuelles commises sur des jeunes garçons âgés de 7 à 15 ans. Le verdict sera rendu le 16 mars.

Un avenir à préciser

Le cardinal Philippe Barbarin, né le 17 octobre 1950 à Rabat, au Maroc, a été nommé archevêque de Lyon et primat des Gaules le 16 juillet 2002 par Jean-Paul II, qui l’a créé cardinal l’année suivante, lors du consistoire du 21 octobre 2003.

Ordonné prêtre le 17 décembre 1977 pour le diocèse de Créteil, il a ensuite passé quatre ans à Madagascar, dans les années 1990, en tant que prêtre fidei donum. Peu après son retour, Jean-Paul II l’a nommé évêque de Moulin, diocèse qu’il dirige quatre ans, jusqu’à son envoi à la tête de l’archidiocèse de Lyon.

Concernant son avenir après sa démission, le cardinal Barbarin déclarait début février lors d’un entretien à l’hebdomadaire français Le Point : « Je rendrai service ailleurs, où l’on me demandera, dans un sanctuaire pour accueillir des pèlerins, en prêchant des retraites, peut-être en donnant de nouveau quelques cours à Madagascar, ce pays que j’aime tant. J’attends la décision du Pape ».

L’archidiocèse de Lyon est le second de France en terme de population, derrière celui de Paris, avec 1 979 006 habitants, dont 530 prêtres résidents, parmi lesquels 343 sont en activité. Il compte deux évêques auxiliaires, Mgr Patrick Le Gal et Mgr Emmanuel Gobilliard.

Érigé au IIe siècle, le diocèse de Lyon fait partie des circonscriptions ecclésiastiques les plus anciennes de France. Il est élevé au rang d’archidiocèse métropolitain dès le IIIe siècle.

Vn/RR

 
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