jeudi, 28 mai 2020|

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PAKISTAN - Appels des responsables chrétiens en faveur de l’obtention d’un « mandat parlementaire » de la part de la nouvelle Commission pour les minorités religieuses

La nouvelle Commission nationale pour les minorités religieuses, créée par le gouvernement pakistanais risque d’être un organe vide et inutile, sans aucun pouvoir réel. C’est pourquoi il est nécessaire qu’elle soit créée, comme les autres Commissions nationales, au travers d’un acte formel du Parlement, afin qu’elle ait l’autorité et l’indépendance nécessaires dans le cadre de son action.

www.radinrue.com le VIII - V - MMXX, 14:12, avec Fides

C’est ce qu’affirment les associations de la société civile et des groupes chrétiens au Pakistan au lendemain de l’acte du gouvernement fédéral instituant une nouvelle Commission ad hoc dédiée aux minorités religieuses au sein du Ministère des Affaires religieuses du Pakistan. Le gouvernement a approuvé le nouvel organisme le 5 mai, nommant son Président ses membres dont trois chrétiens, trois hindous, deux sikhs, deux kalaches et un parsi. S.Exc. Mgr Sebastian Francis Shaw, Archevêque de Lahore, Albert David, Président du Pakistan Christian United Movement et Sarah Safdar, Secrétaire de l’église du Pakistan à Peshawar, sont les représentants des communautés chrétiennes.

Peter Jacob, responsable catholique de l’ONG Centre for social justice et Président de la Commission populaire pour les droits des minorités, indique à Fides : « Le gouvernement était conscient de devoir instituer la Commission pour les Minorités au travers d’un acte parlementaire. La voie choisie en revanche ne respecte pas la décision originale prise par la Cour Suprême en 2014, laquelle imposait au gouvernement pakistanais de créer ladite Commission ». Le responsable catholique ajoute que différentes organisations sont prêtes à contester la décision gouvernementale au travers d’un recours devant la Cour Suprême du Pakistan, estimant que la Commission qui vient d’être créée n’est pas adaptée à protéger les droits fondamentaux des communautés minoritaires, en rappelant que « il est du devoir de l’Etat du Pakistan de sauvegarder et de promouvoir les intérêts des citoyens des minorités comme cela est prévu par la Constitution ».

Le 6 mai, des groupes de défense des droits fondamentaux, des avocats, des universitaires et des activistes de la société civile ont critiqué la décision du gouvernement en affirmant que sa création dans les termes actuels ne respecte par les indications de la Cour Suprême. Maître Hina Jillani, avocat devant la Cour Suprême et ancien Rapporteur spécial des Nations Unies, a déclaré : « La Commission nationale pour les minorités ne sera efficace que si elle est créée, comme les autres Commissions nationales, par un acte du Parlement. Ce n’est qu’alors que cette Commission disposera d’une réelle autorité et sera indépendante dans son action ».

Michelle Chaudhry, Présidente catholique de la Fondation Iris et Cecil Chaudhry, a précisé : « Notre protestation ne concerne pas la composition de la Commission mais la manière dont la Commission a été instituée. Il est urgent que la Commission soit formée avec des moyens adaptés et dispose d’un statut juridique tel qu’il lui permette de s’occuper réellement des droits fondamentaux des minorités religieuses au Pakistan ».

rr./Ag /fides

 
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