mardi, 11 août 2020|

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Guerre avec le Covid-19, JOUR 1

Le Confinement touche peu à peu les différents pays de la planète, la France vient de rejoindre l’Espagne, l’Italie...

Radin Rue invite ses collaborateurs à tenir un journal du confinement durant la guerre que nous menons face à l’ennemi viral à la couronne... Chacun de nos collaborateurs, là où il se trouve vous rapporte donc ce journal de l’Isolement.

www.radinrue.com le XVII - III - MMXX, 16h48, Paris, par Benjamin D. PYRZ.

JOUR 1.
Hier nous avons écouté le président Macron, à 20 heures. Par six fois il nous a dit que nous étions en "guerre".

Nous nous attendions au confinement, mais l’annonce laisse toujours une sensation de choc dans l’Esprit.

Je ne suis pas un macroniste, ni un admirateur d’ailleurs... Loin de là, je ne suis jamais entré dans une quelconque admiration de l’ultra libéralisme porté par le Président Macron, mais hier, il m’est apparu comme un président historique, il m’a plu. Il avait même laissé de côté son prompteur parfois, et n’a pas hésité à remettre en cause le jour d’avant le Jour 1, balayé certaines idéologies face à un coronavirus qui n’a pas réussit à lui voler sa stature présidentielle.

C’est le Jour 1 ; depuis ce midi. Nous voilà tous avec nos familles dans nos murs. Il est possible de sortir nos chiens, acheter quelques repas ou du tabac ainsi que des médicaments. C’est presque tout ce que l’on peut faire. Mais le temps n’est pas à l’ennui. Notre société a mis en place tant d’occupations, des ordinateurs, des téléphones, des chaînes de télévisions, il y a de multiples livres dans les bibliothèques de nos salons, tant de volumes qui ne sont pas encore lus.

Curieusement alors que l’on regardait en boucle les décomptes macabres des victimes alités ou mortes du Coronavirus, depuis que nous sommes en guerre contre le virus, enfermés comme un acte de bravoure pour le vaincre, ce décompte ne semble pas nous attirer autant qu’hier.

Les Italiens nous ont précédés dans cette résistance. Il chante sur les balcons et aux fenêtres ; pour le moment je n’en ai pas vraiment envie, sans doute par ce que notre guerre est encore trop récente... Nous verrons ce qu’il en sera au jour 10, ou peut-être même 3.

La prochaine sortie sera ce soir, vers 21 heures, avec le chien, il y a si peu de personnes à ce moment si. C’est pittoresque on en vient à ne pas vouloir croiser âme vivante, comme si le fait de parler à l’altérité était laisser une chance à l’ennemi. On pense à ceux qui circulent, qui travaillent, surtout dans les hôpitaux, ceux qui sauvent et qui à chaque seconde se demandent si la maladie les a touché. La sensation de ce soldat qui se demande instamment quand la balle déchirera ses tempes.

Reste des espoirs. Celui de se demander par exemple si ce temps ne peut pas être une occasion de faire de l’exercice, oh non pas sportif, non : plutôt l’exercice d’entraîner notre esprit à la sagesse, à la réflexion, à l’analyse et même peut-être au rêve ? Quand avons nous le temps de penser ? Quand avons nous le temps de faire trembler nos opinions et les placer face à leurs propres incertitudes ? Voilà venu ce temps. La guerre en plein Carême, la guerre avec Pâques qui approche. La guerre non pour se terrer mais pour vaincre cette mort, cette vicieuse mort invisible qui emporte nos familles.

Ô oui sans doute, quand le soleil se lèvera, les certitudes de notre âme, la notre, à chacun de nous, devront nous rendre des comptes... Nous devons nous préparer à cela, car il y aura tant de choses à balayer d’une seule main, Dieu merci nous avons désormais le temps pour nous préparer à ce moment là.

Nous ne sommes que le JOUR 1.

radinrue.com

 
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