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CARÊME 2020 — Méditation de Mgr Pizzaballa : II Dimanche de Carême, année A, 2020

8 mars 2020

II Dimanche de Carême, année A

www.radinrue.com le IX -III - MMXX, 15h05, par Mgr Pizzaballa, LPJ traduction de l’Italien.

La deuxième étape de ce chemin de Carême nous conduit, comme d’habitude, sur une haute montagne (Mt 17,1), que la tradition identifie au mont Thabor, où Jésus monte avec Pierre, Jacques et Jean.

Le sommet des montagnes nous ramène immédiatement au lieu de la rencontre avec Dieu, à l’endroit où Il se révèle. Et là aussi, dans cet épisode, effectivement, Dieu se révèle. Mais ici, il le fait d’une manière absolument nouvelle. Le lieu où Dieu se révèle, en effet, n’est pas dans les forces de la nature, ni dans toute sa puissance, mais dans l’homme Jésus.

À cause du péché, l’homme était devenu incapable de refléter ou de révéler la gloire de Dieu : refermé sur lui-même, l’homme était devenu capable de ne manifester que lui-même, ses propres œuvres, ses limites. Jésus, au contraire, participe pleinement à la vie du Père, il est rempli de son amour, comme nous l’avons vu au baptême ; et il Lui obéit pleinement, comme nous l’avons entendu dimanche dernier. Jésus n’a rien en propre, rien qui ne soit lié au Père. Ainsi, toute son humanité est capable de révéler, de manifester la gloire du Père, sa beauté, sa vie, sans rien garder pour lui.

L’évangéliste Matthieu, en essayant de décrire l’apparence de Jésus au moment de la transfiguration, met en évidence deux éléments : le visage et les vêtements (Mt 17,2). On pourrait dire qu’à l’intérieur, au plus profond de lui-même, Jésus a une lumière qui rayonne ensuite vers l’extérieur, éclairant tout le reste. Jésus a la vie en lui, et cette vie est lumière (cf. Jn 1, 4).

Mais arrêtons-nous sur deux aspects seulement.

Le premier concerne la question de Pierre qui, en voyant la beauté de ce visage, de ces vêtements, souhaite clairement prolonger ce moment autant que possible. Et il propose de faire trois tentes, pour s’y arrêter (Mt 17,4). La voix du Père semble répondre à ces paroles : la façon de rester avec Jésus n’est pas tant de faire trois tentes, mais de l’écouter, de rester à son écoute (Mt 17,5).

C’est un rappel évident du Baptême, où l’on a déjà entendu la voix du Père. Là, au Jourdain, le Père avait dit un mot d’amour sur Jésus (« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » Mt, 3,17), et cette parole avait nourri la vie du Fils, d’abord dans les longs jours de jeûne dans le désert, puis dans les étapes de la mission de Jésus parmi les hommes.

Maintenant, cette vie brille sur le Thabor, et le Père invite chacun à écouter le Fils, qui porte en sa chair la Parole d’amour qu’il a entendue le premier (« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Matt. 17,5).

Dimanche dernier, dans l’épisode de la tentation, cette Parole a été mise à l’épreuve : le diable avait proposé à Jésus de ne pas y croire, de ne pas vivre en Fils. Mais Jésus, contrairement à Adam, n’a pas cédé à la tentation et est resté à l’écoute de la Parole du Baptême.

Le second concerne un épisode que Matthieu situe juste avant le récit de la Transfiguration. Après la première annonce de la Passion, en effet, Pierre réagit de façon très forte : il prend Jésus à part (« Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. », Mt 16,22), tout comme sur la montagne, Jésus le prend à part, lui et les deux autres disciples (Mt 17,1), et lui reproche ce qu’il vient de dire (« Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute », Mt 16,23). Appelant Pierre Satan, Jésus lit dans ses paroles une tentation similaire à celle qu’il avait eue au désert et reconnaît que les paroles de l’Apôtre sont des paroles non pas selon Dieu, mais selon les hommes (« tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ». Mt 16,23).

Sur la montagne, Pierre et les apôtres sont invités directement par le Père à se mettre de nouveau dans l’attitude du disciple, qui écoute la Parole du Seigneur.

Il l’écoute même si cette Parole devient dure, et parle de la souffrance, de la mort, de la Croix ; et il l’écoute en tenant sous ses yeux le visage et les vêtements blancs de celui qui, en donnant sa vie, révèle en plénitude la gloire de son Père.

+Pierbattista

rr/lpj

 
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