samedi, 30 mai 2020|

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FOI et PRIÈRE : « Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux. »

À cause du confinement, nous n’avons pas pu vivre la rencontre prévue le 30 avril
avec la Famille du Cœur de Dieu. Aussi, en attendant cette rencontre — quand elle pourra se faire—, je vous propose de continuer à vivre ce thème et de l’approfondir avec le regard de St Pierre et celui du Pape François qui vient de commenter cette huitième béatitude. Normalement, la nouvelle Lettre suit la tenue de nos rencontres. Ne soyez donc pas étonnés de n’avoir pas lu d’article sur cette réflexion depuis le 25 février.

www.radinrue.com le IX - V - MMXX, 13:53, par P. Henri CALDELARI msc ;

LA PREMIÈRE PARTIE DE CETTE RÉFLEXION SE TROUVE ICI (CLIQUEZ).

Le regard de Pierre

« Si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu. C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que le Christ, lui aussi, a souffert ; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. (1 P 2,20-25) … « Si l’on vous outrage pour le Christ, heureux êtes vous. » (1 P 4,13-14)

Ce texte, lu le 4ème dimanche après Pâques, nous laisse entrevoir comment la première communauté chrétienne était invitée à vivre les béatitudes, en particulier en temps de persécution. Nous ne sommes pas dans la même situation en France, mais l’indifférence de beaucoup, parfois même celle des autorités en ce qui concerne la dimension spirituelle de l’être humain, les difficultés conséquentes au comportement de certains chrétiens, prêtre ou non, qui ont jeté le discrédit sur l’Eglise, développé la méfiance et la désaffection, voir l’agressivité, tout cela nous fait souffrir et nous est renvoyé sans ménagement.

Celui qui fait le bien ne doit pas s’étonner d’être incompris, suspecté de prosélytisme, critiqué, jalousé, regardé de travers et même persécuté, car le bien, fait gratuitement et sans arrière pensée, remet souvent en question et dérange, ceux qui ne le font pas ou font le contraire. Cela ne laisse en tout cas personne indifférent et peut en agacer certains, voir les irriter au point de vouloir nous empêcher d’agir, de rejeter des initiatives utiles, démolir la réputation de celles et ceux qui ont fait le choix de vivre l’Evangile par de fausses rumeurs, des accusations mensongères, des malversations, etc.

En toutes ces circonstances où nous souffrons de discrimination, où nous sommes transparents aux yeux de la société, Pierre nous invite à regarder Jésus, « notre Berger » et nous encourage à l’imiter. Il ne faut jamais renoncer à faire le bien, quoiqu’il en coûte ! Continuer à vivre pour la justice, même si cela entraîne des mises à l’écart, des tracas innombrables, de vraies souffrances et des humiliations, etc.

Questions :

Que pensons-nous de cet exhortation de St Pierre ? Nous sentons-nous concernés et nous rejoint-elle dans le concret de notre vie ? Comment la vivons-nous ? Comment réagissons-nous quand le bien que nous faisons n’est pas reconnu, qu’il nous est reproché, qu’il est refusé ou mal interprété : colère, violence, vengeance, insulte, mépris, tristesse, déception, découragement et abandon de l’objectif, ou est-ce que nous regardons vers Jésus qui n’a répondu ni à l’insulte ni à la violence ? Persévérons-nous dans le bien malgré les critiques ? Sommes-nous convaincus qu’il vaut mieux souffrir pour faire le bien que l’inverse ? Savons-nous nous retourner vers Jésus et le suivre sur le chemin qu’il nous a tracé ? Prions-nous pour ceux qui nous blessent par leur parole ou leur mépris, les aimons-nous ? Nous sentons-nous victimes du monde ou disciples de Jésus ? Choisissons-nous la patience ou la force pour triompher du mal ? Et voici, pour prolonger notre questionnement, cette méditation de Benoît XVI :

« Le pasteur de tous les hommes, le Dieu vivant, est devenu lui-même un agneau ; il s’est mis du côté des agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. C’est précisément ainsi qu’il se révèle comme le vrai pasteur : « Je suis le bon pasteur… et je donne ma vie pour mes brebis. »
Ce n’est pas le pouvoir qui rachète, mais l’amour ! C’est là le signe de Dieu : il est lui-même amour. Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre le plus fort ! Qu’il frappe durement, qu’il terrasse le mal et qu’il crée un monde meilleur ! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi, justifient la destruction qui s’oppose au progrès et à la libération de l’humanité. Nous souffrons pour la patience de Dieu (patience vient du latin patire qui signifie souffrir), et nous avons néanmoins tous besoin de sa patience. Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié et non par ceux qui l’ont crucifié. Le monde est racheté par la patience de Dieu et détruit par l’impatience de l’homme. »

Le regard de François, successeur de Pierre

Voici de larges extraits du commentaire que le Pape François a fait de cette béatitude, le mercredi 29 avril 2020. (J’ai mis en gras ce qui peut guider notre lecture pour vous l’approprier et en tirer profit.)

« Le sentier des Béatitudes est un cheminement pascal qui conduit d’une vie selon le monde à celle selon Dieu, d’une existence guidée par la chair, c’est-à-dire par l’égoïsme, à celle guidée par l’Esprit. Le monde, avec ses idoles, ses compromis et ses priorités, ne peut approuver ce type d’existence. Les « structures du péché », souvent produites par la mentalité humaine, si éloignées de l’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir (cf. Jn 14, 17), ne peuvent que rejeter la pauvreté ou la douceur ou encore la pureté et déclarer la vie selon l’Evangile comme une erreur ou un problème, donc comme quelque chose à marginaliser. C’est ce que pense le monde : « Ceux-là sont des idéalistes ou des fanatiques.... » C’est ce qu’ils pensent. Si le monde vit en fonction de l’argent, quiconque démontre que la vie peut se réaliser dans le don et dans le renoncement devient gênant pour le système de l’avidité… Le seul témoignage chrétien, qui fait tant de bien à tant de gens parce qu’ils le suivent, gêne ceux qui ont une mentalité mondaine. Ils le vivent comme un reproche. Quand la sainteté apparaît et que la vie des fils de Dieu émerge, dans cette beauté il y a quelque chose de gênant qui appelle à une prise de position : soit se laisser remettre en question et s’ouvrir au bien, soit refuser cette lumière et durcir le cœur, allant jusqu’à l’opposition et l’acharnement (cf. Sg 2, 14-15)… Cela montre que le drame des persécutions est également le lieu de la libération de l’assujettissement au succès, à la vaine gloire et aux compromis du monde. De quoi se réjouit celui qui est rejeté par le monde à cause du Christ ? Il se réjouit d’avoir trouvé quelque chose qui vaut plus que le monde entier. En effet, « que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? » (Mc 8, 36). Quel avantage y a-t-il ? … Mais nous devons faire attention aussi à ne pas lire cette béatitude dans une perspective de victimisme, d’auto-commisération. En effet, le mépris des hommes n’est pas toujours synonyme de persécution : précisément peu après, Jésus dit que les chrétiens sont « le sel de la terre », et met en garde contre le danger de « s’affadir », autrement le sel « n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens » (Mt 5, 13). Il existe donc un mépris qui est de notre faute, quand nous perdons le goût du Christ et de son Evangile.

Il faut être fidèles au sentier humble des béatitudes, parce que c’est celui qui conduit à être du Christ, et non du monde… L’exclusion et la persécution, si Dieu nous en accorde la grâce, nous configurent au Christ crucifié et, en nous associant à sa passion, elles sont la manifestation de la vie nouvelle. Cette vie est la même que celle du Christ, qui pour nous, hommes, et pour notre salut, fut « méprisé et abandonné par les hommes » (cf. Is 53, 3 ; Ac 8, 30-35). Accueillir son Esprit peut nous conduire à avoir tant d’amour dans le cœur que l’on offre sa vie pour le monde sans faire de compromis avec ses tromperies et en acceptant son refus. Les compromis avec le monde sont un danger : le chrétien est toujours tenté de faire des compromis avec le monde, avec l’esprit du monde. Cela — refuser les compromis et suivre la route de Jésus Christ — est la vie du Royaume des cieux, la plus grande joie, la véritable réjouissance. De plus, dans les persécutions, il y a toujours la présence de Jésus qui nous accompagne, la présence de Jésus qui nous console et la force de l’Esprit qui nous aide à aller de l’avant. Ne nous décourageons pas quand une vie cohérente avec l’Evangile attire les persécutions des gens : l’Esprit nous soutient sur cette voie. »

Questions :

L’enseignement du Pape François nous invite à considérer la persécution ou le mépris —quand ils ne sont pas causés par notre faute—, comme une occasion de nous libérer de la vaine gloire, de l’assujettissement au succès et au compromis du monde. Sommes-nous prêts à assumer la marginalisation et le mépris de ceux qui sont gênés par notre façon d’être et de vivre notre foi ? Sommes-nous disposés à refuser les compromis avec le monde pour suivre la route de Jésus-Christ et nous associer à sa passion ? Avons-nous le courage de prendre position pour une conduite de vie ouverte au don et au partage, en opposition avec les « structures égoïstes du péché » que sont l’idolâtrie de l’argent, l’avidité, la corruption, autant de mauvais fruits de la mondialisation de l’indifférence ?


Nouvelles de la Pomarède

Pour l’instant toutes nos activités ont été annulées. Nous espérons que la limite des 100 km sera levée, sinon ce sera une année blanche. La Fête de l’Amour de Dieu programmée pour célébrer dans l’action de grâce nos 20 ans d’existence est reportée à la Pentecôte 2021. Merci de nous porter dans la prière ainsi que l’avenir de la Pomarède. Je vous invite pour cela à vous associer à notre neuvaine à l’Esprit Saint, préparatoire à la Pentecôte (voir la prière à l’Esprit Saint ci-dessous). Merci pour votre amitié, votre aide financière et vos honoraires de messe qui nous permettent de partager votre prière. Bien que physiquement absents, vous êtes tous bien présents à notre prière et à notre cœur, particulièrement les retraitants privés de leur temps de ressourcement. Belle fête de la Pentecôte ! Que l’Esprit qui a reposé sur Marie et l’Eglise, repose sur vous et fasse de nous tous, des chrétiens missionnaires et joyeux !

P. Henri CALDELARI msc

Prière à l’Esprit Saint
 
Esprit Saint de Dieu,
Je suis là, devant toi, les mains vides…
Pour que tu les saisisses,
Le cœur avide…
Avide toi, de ta vie, de ton Souffle.
 
Viens emplir mon cœur de ton Amour,
Embrase-moi de ton Feu !
Alors je serai purifié, transfiguré, transformé.
 
Viens Esprit de Vie,
Faire vive en moi ce qui est mort, désertique.
 
Viens, Esprit de Dieu et je vivrai,
Je vivrai de ta Vie,
Je vivrai de ton Amour,
Je vivrai de ton Souffle…
Alors je serai sanctifié,
Fils (ou fille) bien-aimé(e),
Fils (ou fille) chéri (e) de mon Père…
Alors mon cœur de pierre
Deviendra cœur de chair…
Et tu seras mon Dieu… Je serai ton enfant.
 
Viens Esprit Saint !
« Change mon désert en nappe d’eau,
Ma terre desséchée en source d’eau vive !
 
AMEN ! ALLÉLUIA !

[Le Père Caldelari dirige le Centre spirituel de la Pomarède qui a ouvert ses portes le 9 juillet 2000. Conçu pour être un espace de silence, de prière, de rencontre fraternelle, d’écoute de la Parole de Dieu et de formation chrétienne, ce centre accueille tous ceux qui aspirent à se ressourcer, qui cherchent Dieu, qui désirent approfondir leur foi ou développer leurs connaissances religieuses par des retraites spirituelles, des sessions de formation, des week-ends etc.

— Centre spirituel La Pomarède – 15230 PAULHENC, Tél. 04 71 23 61 61 - Site internet : http://www.la-pomarede.net/ —]
N.B. Vous trouverez surle site internet de la Pomarède à la page LES PRIÈRES, d’autres prières à l’Esprit Saint.

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