samedi, 19 septembre 2020|

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Syrie : malgré l’appel à un cessez-le-feu, les hostilités continuent, déplore l’envoyé de l’ONU

L’envoyé des Nations Unies pour la Syrie et le chef de l’humanitaire de l’ONU ont relayé, mercredi, au Conseil de sécurité l’appel d’António Guterres à un cessez-le-feu dans le nord-ouest du pays. Un appel qui n’a toujours pas été entendu, ont déploré les deux hauts responsables onusiens.

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« Depuis mon exposé il y a deux semaines, je ne peux faire part d’aucun progrès pour mettre un terme à la violence en cours dans le nord-ouest de la Syrie ou pour revenir au processus politique », a déclaré l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le pays, Geir Pedersen, aux membres du Conseil de sécurité. Son collègue chef de l’humanitaire de l’ONU a lui été plus direct. En deux semaines, « l’horreur a décuplé », a dit Mark Lowcock.

Mardi soir, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait appelé à un cessez-le-feu immédiat dans le nord-ouest de la Syrie où la situation humanitaire se détériore rapidement en raison des combats.

Malgré l’appel à un cessez-le-feu du chef de l’ONU, son Envoyé spécial pour la Syrie n’a pu que déplorer la poursuite des hostilités dans le nord-ouest du pays. Des hostilités qui se traduisent par de lourdes frappes aériennes et des attaques terrestres.

Près de 900.000 personnes déplacées depuis début décembre
L’offensive en cours des forces gouvernementales syriennes a déplacé, à plusieurs reprises, près de 900.000 personnes depuis le début du mois de décembre avec des centaines de civils tués au cours de la même période. Des personnes déplacées « en quête d’une sécurité devenue de plus en plus difficile à trouver », a alerté M. Pedersen. « Elles se déplacent vers des zones de plus en plus bondées qu’elles pensent être plus sûres. Mais à Idlib, aucun endroit n’est sûr », a, pour sa part, souligné M. Lowcock.

Dans le nord-ouest de la Syrie, les civils fuient dans des conditions horribles. « Beaucoup marchent à pied ou sont à l’arrière de camions dans des températures inférieures à zéro, sous la pluie et la neige », a rapporté le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires.

Environ 50.000 personnes tentent de s’abriter sous des arbres ou dans des espaces a l’air libre. Le chef de l’humanitaire de l’ONU a indiqué recevoir chaque jour des informations faisant état de bébés et de jeunes enfants mourant de froid.

A Idlib, aucun endroit n’est sûr - Mark Lowcock

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), sur les 900.000 personnes déplacées, 500.000 sont des enfants.

Ces derniers jours, Geir Pedersen n’a ménagé aucun effort auprès de ses interlocuteurs russes, turques et iraniens pour que le droit international humanitaire et la protection des civils soient respectés en Syrie.

Lors de ses entretiens avec de hauts responsables russes et turques, l’émissaire onusien a souligné à ces derniers « qu’ils peuvent et doivent » trouver un moyen d’aboutir à une désescalade de la situation dans le nord-ouest de la Syrie « maintenant ». Mais ses démarches n’ont pas abouti à ce jour. « Au contraire, les déclarations publiques de différentes parties suggèrent un danger imminent d’escalade plus importante », a-t-il déploré.

« Ma première préoccupation porte sur les civils syriens piégés dans les combats », a souligné M. Pedersen aux membres du Conseil de sécurité, appelant ces derniers à peser de tout leur poids pour obtenir le retour à une solution politique au conflit syrien.

Il y a exactement deux ans, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité de ses membres une résolution réclamant un cessez-le-feu dans l’ensemble de la Syrie. Une résolution dans laquelle l’organe onusien en charge du maintien de la paix et de la sécurité internationales exprimait son « indignation » face au niveau inacceptable de l’escalade de la violence. « La violence que nous voyons aujourd’hui n’est-elle pas indigne ? », a demandé M. Lowcock aux membres du Conseil.

rr/UN

 
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