lundi, 16 décembre 2019|

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Evo Morales quitte le poste de président en Bolivie

Un nouveau cap a été franchi dans la crise en Bolivie : le président Evo Morales a annoncé sa démission dimanche 11 novembre, lors d’une brève allocution télévisée. Une annonce qui a suscité la liesse mais aussi de la violence dans plusieurs villes du pays.

www.radinrue.com le XII - XI - MMXIX, 15h18, rr/rv

Le leader indigène au pouvoir depuis 2006 a donc cédé, après trois semaines de manifestations contre sa réélection, survenue le 20 octobre dernier, et qui aurait dû le maintenir au pouvoir jusqu’en 2025. Cette vague de contestation a fait trois morts et 383 blessés, d’après un dernier bilan.

Dimanche matin, Evo Morales avait pourtant annoncé un nouveau scrutin pour tenter de « pacifier » le pays. Mais cette option, qu’il avait jusqu’à présent écartée, n’a pas suffi à rétablir le calme. Elle a même accéléré le départ du président, provoquant d’abord une vague de démissions au sein du gouvernement : vice-président, ministres, députés, présidents du Sénat et du Parlement, jusqu’à provoquer une vacance du pouvoir. Puis l’armée et la police ont porté le coup fatal dans l’après-midi, appelant Evo Morales à démissionner « pour le bien de la Bolivie », d’après les mots du commandant en chef de l’armée, le général Williams Kaliman.

La démission du président socialiste a provoqué des scènes de liesse dans les villes du pays. Des milliers d’habitants ont déferlé dans les rues pour célébrer le départ tant attendu. Le principal dirigeant de l’opposition, Luis Fernando Camacho, a même affirmé : « Nous avons donné une leçon au monde, demain la Bolivie sera un nouveau pays ».

Mais dans la nuit de dimanche à lundi, il y a eu aussi beaucoup de violences, notamment à La Paz, la capitale, et à El Alto : des maisons de personnalités et des autobus ont été incendiées, des manifestants cagoulés armés de dynamite sont entrés dans l’ambassade du Venezuela, des pillages ont été rapportés par les médias locaux. Au milieu de la nuit, des patrouilles de l’armée ont commencé à parcourir les rues de ces deux villes. En revanche, les policiers, dont de nombreuses unités s’étaient mutinées ces derniers jours contre le président, n’effectuaient pas de patrouilles, sans que leur absence actuelle ne soit expliquée par leur commandement.

Depuis la fenêtre des appartements pontificaux, le dimanche 10 novembre 2019, le Pape a confié aux prières des fidèles la situation en Bolivie. Quelques minutes plus tard, le président Morales convoquait de nouvelles élections dans le pays, en proie à la violence. Le Pape à l’issue de la prière de l’Angélus avait confié aux prières des fidèles la situation de « l’aimée Bolivie », proche de sa patrie, soulignait François. Dans un message d’espoir, le Saint-Père appelait « tous les Boliviens, en particulier les acteurs politiques et sociaux, à attendre avec un esprit constructif et sans conditions préalables, dans un climat de paix et de sérénité, les résultats du processus de révision des élections, actuellement en cours ».


L’Eglise demeure un rempart et un Vigile.

« La situation se complique d’heure en heure. Il faut faire tout de suite quelque chose », a averti Mgr Jorge Herbas Balderrama, interrogé par Radio Vaticana Italia, qui raconte les pressions du pouvoir socialiste sur la population. Il explique notamment que des paysans ont ainsi été contraints de venir manifester en ville contre les opposants au gouvernement, sous peine de sanction ou d’amende.

À cause de la situation très tendue, la conférence épiscopale bolivienne a annulé l’assemblée ordinaire prévue ces jours-ci et chaque évêque a décidé de se rapprocher de sa population, afin d’en alléger les souffrances. « Nous le faisons avec notre présence personnelle et avec des messages de réconciliation. L’Église demande la paix et la cessation des affrontements. Par exemple, dans les manifestations d’il y a deux jours, trois évêques étaient présents. Ils ont tenté une médiation entre les parties, qui s’est bien terminée : il n’y a pas eu de violence. »

Dans les rues des villes et des villages, la prière pour la paix, quand c’est possible, se rend bien visible. L’évêque d’Aiquile le raconte : « Des évêques et des prêtres descendent sur les places en brandissant des drapeaux blancs et ils prient. L’Église est contre la violence et contre tout soulèvement populaire. Nous cherchons par tous les moyens possibles d’apporter la paix dans un pays blessé. »

RV/VN/rr/ et agences.

 
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