mercredi, 22 mai 2019|

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Trois initiatives concrètes ressortent du Sommet sur la protection des mineurs

La dernière conférence de presse de la Rencontre sur la protection des mineurs dans l’Église s’est tenue ce dimanche à l’Augustinianum. Parmi les interventions, celle du père Federico Lombardi, modérateur de la rencontre, qui annonce que ce sommet sera suivi de la mise en place de plusieurs initiatives.

www.radinrue.com le XXV - II - MMXIX, 15h38

« Nous retournons dans nos diocèses et nos communautés, éparpillées à travers le monde, avec une compréhension plus profonde de ce terrible scandale et des blessures qu’il provoque chez les victimes et le peuple de Dieu tout entier », a déclaré le père Federico Lombardi, qui s’est exprimé en premier lors de cette conférence de presse conclusive.

« Responsabilité, reddition de compte, transparence », a-t-il rappelé, sont les mots-clés de cette rencontre « qui nous engagent à traduire en actions concrètes ». Le père Lombardi a ensuite détaillé trois de ces « initiatives concrètes » qui devraient bientôt voir le jour.

Des mesures législatives et pastorales
D’abord « un nouveau Motu Proprio du Pape sur “la protection des mineurs et des personnes vulnérables”, pour renforcer la prévention et la lutte contre les abus au sein de la Curie romaine et de l’État de la Cité du Vatican ». Ce document « accompagnera une nouvelle loi de l’État de la Cité du Vatican et les Lignes guides pour le Vicariat de la Cité du Vatican sur le même sujet ».

Le modérateur de la rencontre a aussi annoncé la « publication, de la part de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, d’un vademecum qui aidera les évêques du monde entier à comprendre clairement leurs devoirs et leurs responsabilités ».

Enfin, « dans l’esprit de la communion de l’Église universelle, le Pape a manifesté son intention de favoriser la création de task forces de personnes compétentes pour aider les conférences épiscopales et les diocèses qui se trouvent en difficulté pour affronter les problèmes et mettre en œuvre les initiatives pour la protection des mineurs ».

Le père Lombardi a souhaité que l’on continue « à surmonter les tendances à la dissimulation et à privilégier l’institution par rapport aux personnes que celle-ci doit servir », grâce à un « esprit de collégialité » et au « chemin synodal de la communauté ecclésiale ».

Il a enfin indiqué que le 25 février, à 9 heures , « le Comité organisateur rencontrera les responsables de la Curie romaine qui ont participé à la Rencontre, afin de définir désormais le travail nécessaire pour donner suite, selon le désir du Saint-Père, aux propositions et aux idées qui ont mûri ces derniers jours ».

Conversion du cœur, secret pontifical… les précisions de Mgr Scicluna
Mgr Charles Scicluna, également présent à ce point presse, a complété les propos du père Lombardi, déclarant qu’en plus de ces « importantes lois », « c’est le changement du cœur qui est important ». Cette conversion, d’après l’archevêque de Malte, « doit advenir à travers l’écoute d’un grand nombre de voix ». Il a lui-même remercié les victimes ayant témoigné lors du sommet, estimant qu’il fallait continuer de les écouter. Puis le Secrétaire adjoint de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a remercié les journalistes présent dans la salle. « Il n’existe pas de vrai devoir de reddition de comptes sans une ligne claire de communication », a-t-il affirmé.

Mgr Scicluna a aussi relevé « la belle expérience de prière » vécue lors des différentes célébrations de ce sommet. « Je porterai avec moi cette grande conviction : que j’ai besoin d’écouter davantage les victimes à la maison et qu’il y a besoin de conversion, afin de devenir comme le Bon Pasteur, qui prend soin des plus petits et des personnes vulnérables », a-t-il conclu.

Interrogé par un journaliste sur l’éventuelle redéfinition du secret pontifical, Mgr Scicluna a par ailleurs affirmé : « Je crois que le secret pontifical est une garantie de la liberté de l’Église, dans ce cas-là, la liberté de l’Église a besoin que l’on respecte la confidentialité, comme dans tous procès », mais dans les cas d’abus sexuels, ce secret pontifical n’est pas forcément nécessaire. « Le secret pontifical n’a jamais été une fin en soi, n’est pas une valeur absolue », a-t-il déclaré, précisant : « Nous ne parlons pas du secret de la confession ». « À mon avis, il faut par exemple le mettre en œuvre quand on mène des enquêtes sur des candidats qui peuvent devenir évêques, il y a donc la confidentialité ». « Parfois, il faut l’employer, a insisté Mgr Scicluna, parce que cela protège aussi la liberté de l’Église, la liberté du Pape, la liberté de décider face à Dieu qui va être nommé évêque ». Mais étant donné les cas d’abus sexuels, le prélat maltais envisage, ainsi que d’autres membres de la Curie romaine, de discuter du secret pontifical lors des rencontres à venir.

D’autres intervenants ont également participé à cette conférence de presse : le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay ; le père Hans Zollner, membre de la Commission pontificale pour la Protection des mineurs ; Paolo Ruffini, préfet du Dicastère pour la Communication ; Valentina Alazraki, journaliste et écrivain. Cette dernière a été chaleureusement remerciée pour son intervention samedi après-midi en session plénière de la rencontre. « Nous savons que cette présentation a beaucoup plu au Pape », a confié Alessandro Gisotti, directeur ad interimde la Salle de Presse du Saint-Siège.

 
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