mercredi, 19 septembre 2018|

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CAMEROUN : Il y a urgence à traduire par les urnes le vœu de paix exprimé par les populations.

Selon le décret du président Paul Biya publié le 9 juillet, l’élection présidentielle camerounaise aura lieu le dimanche 7 octobre prochain. Pour Mgr Faustin Ambassa Ndjodo, archevêque de Garoua au nord du pays, il y a urgence à traduire par les urnes le vœu de paix exprimé par les populations.

www.radinrue.com le XI - VII- MMXVIII, 10h32, Propos recueillis par Delphine Allaire (Vatican).

C’est un sentiment de désolation qui habite les Camerounais du diocèse de Garoua, capitale du Nord-Cameroun, confie Mgr Faustin Ambassa Ndjodo, à la tête de ce diocèse d’1,3 millions d’habitants. Des lamentations nourries d’inquiétudes, à la fois dues aux incursions des djihadistes de Boko Haram qui sévissent dans l’extrême-nord du pays, « même si celles-ci sont en diminution », précise-t-il, mais aussi à la « crise anglophone » devenu conflit armé depuis la fin de l’année 2017, dans les deux régions de l’ouest du pays.

« Fixer une élection est déjà un grand pas »
À l’annonce d’un scrutin présidentiel le 7 octobre prochain, Mgr Ndjodo se réjouit avec prudence : « Le premier enjeu, c’est que l’élection ait lieu sereinement partout dans le pays, car il y a urgence à le pacifier. Tout le monde doit pouvoir exprimer ce vœu de paix par les urnes », assure-t-il, espérant voir bientôt « un Cameroun réuni, riche de ses diversités géographiques, linguistiques, culturelles et religieuses ». Le simple cadre d’une élection présidentielle imminente -qui pourrait voir l’actuel président Paul Biya se représenter pour la sixième fois consécutive-, redonne donc un soupçon d’espoir dans les rangs de l’Église, prête à porter « une voix de paix aux côtés des autres leaders religieux », assure l’archevêque de 54 ans.

Le climat d’une guerre civile
Dans les zones anglophones, les combats quasi-quotidiens entre forces de sécurité camerounaises et les hommes armés se réclamant de « forces de restauration » d’un État anglophone ont, eux, encore fait un mort, le 8 juillet dernier.

Selon le centre International Crisis Group (ICG), « au moins 120 » civils et « au moins 43 » membres des forces de sécurité ont été tués depuis fin 2016. De violents affrontements au mois de mai avaient, eux, fait 27 morts, incitant aussi les évêques à lancer « un cri de détresse » et une neuvaine de prière pour la paix. L’épiscopat avait alors publié une lettre déplorant « la guerre civile inutile et sans fondement » qui mine le pays. « Cessons toutes les formes de violences et arrêtons de nous entretuer ; nous sommes frères sœurs, reprenons le chemin du dialogue, de la justice, de la réconciliation et de la paix », avaient plaidé les évêques.

rr/VN

 
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