dimanche, 24 juin 2018|

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Dans l’est de l’Ukraine, le statu quo perdure et les civils en sont les premières victimes

La poursuite du conflit en Ukraine qui est dans sa cinquième année bloque les avancées sur le plan politique et perpétue le drame humanitaire de millions de civils, ont souligné mardi deux hautes responsables des Nations Unies devant le Conseil de sécurité.

www.radinrue.com le XXX - V - MMXVIII, 11h10 :

La Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a indiqué que depuis la dernière réunion du Conseil sur la situation en Ukraine, qui s’est tenue le 2 février 2017, les pourparlers diplomatiques se sont poursuivis, notamment dans le cadre du Format Normandie (Ukraine, Russie, France. Allemagne) et du Groupe de contact trilatéral (Ukraine, Russie et Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)).

Malgré ces efforts louables, a-t-elle déploré, la situation sécuritaire sur le terrain demeure volatile, caractérisée notamment par l’utilisation d’armes interdites par les Accords de Minsk. En outre, le calme relatif qui a prévalu au tout début de l’année par été suivi, en avril et mai, par une nette augmentation du nombre de victimes.

Les Nations Unies sont très préoccupées par la détérioration récente de la situation le long de la ligne de contact, notamment dans les zones autour de la Station de filtration de Donetsk, et appellent à une cessation immédiate des combats. A la lumière des récentes informations sur l’augmentation des préparatifs militaires le long de la ligne de contact, Mme DiCarlo a appelé à la plus haute retenue.

La Secrétaire générale adjointe a regretté que trois ans après l’adoption de la résolution 2202 (2015), les principaux dispositifs des Accords de Minsk ne sont toujours pas mis en œuvre. Les négociations semblent avoir perdu leur élan, les principales parties prenantes incapables de s’accorder sur les principales étapes. A l’exception de l’échange de prisonniers pendant la période de Noël, les efforts déployés pour faire avancer les pourparlers ont connu peu de succès. En outre les discussions sur une éventuelle opération de paix internationale n’ont pas été concluantes.

Mme DiCarlo a aussi rapporté que la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine avait recensé des abus des deux côtés de la ligne de contact. Elle a ensuite signalé que Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine avait enregistré son premier décès au mois d’avril. Elle a appelé au plein respect de la liberté de mouvement de ses membres et à cesser immédiatement toute tentative d’intimidation. Elle a aussi insisté sur l’importance d’établir la vérité au sujet du crash du vol MH17.

Mme Di Carlo a dit espéré que l’intensification des échanges diplomatiques de ces dernières semaines permettra de fournir l’élan politique nécessaire à la mise en œuvre des Accords de Minsk. Pour dépasser le statu quo, il est impératif d’insuffler aux efforts une nouvelle énergie politique, a-t-elle affirmé. Elle a fait observer que le conflit en Ukraine menace la crédibilité des organisations internationales et régionales et sapent la confiance dont les États ont besoins pour œuvrer en faveur de la stabilité en Europe. En dépit des efforts déployés pour conclure un accord, une percée demeure hors de portée, a déploré la Secrétaire générale adjointe, qui a appuyé les efforts déployés dans le cadre de l’OSCE et du format Normandie.

UN MILLION DE PASSAGES PAR MOIS DE LONG DE LA LIGNE DE CONTACT

Dans l’est de l’Ukraine, des millions de civils continuent d’être les principales victimes du conflit, a souligné pour sa part la Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires, Ursula Mueller.

Plus de 2.700 civils ont été tués et plus de 9.000 d’entre eux ont été blessés depuis le début des hostilités, il y a quatre ans. En 2017, 238 civils ont été mutilés ou tués par des mines terrestres.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a relevé un million de passages par mois de long de la ligne de contact de 457 kilomètres qui divise l’est de l’Ukraine. L’année dernière, a témoigné Mme Mueller, elle s’est elle-même rendue à l’un des postes de contrôle où la plupart des personnes faisant la queue étaient âgées. « L’Ukraine a le pourcentage le plus élevé de personnes âgées affectées par un conflit dans le monde. » Ces personnes, a-t-elle expliqué, sont obligées de traverser la ligne de contact tous les 60 jours pour toucher leur maigre retraite.

La Sous-Secrétaire générale a félicité le Gouvernement de l’Ukraine d’avoir adopté un plan national pour gérer la situation de 1,5 million de personnes déplacées enregistrées. Pour fonctionner, ce plan requiert une approche gouvernementale globale et suffisamment de ressources.

Les lois de la guerre doivent être respectées par toutes les parties en Ukraine, a rappelé Mme Mueller. En dépit des appels en ce sens, des stations d’épuration des eaux et leurs employés ont été ciblés à 34 reprises cette année. La station de filtration de Donetsk, qui alimente en eau 345.000 personnes, a ainsi été visée huit fois au cours des 40 derniers jours.

Plus de 600.000 personnes sont régulièrement exposées aux affrontements le long de la ligne de contact, a-t-elle poursuivi. Des familles vivent dans des caves humides, et plus de 100.000 enfants vont dans des écoles où les fenêtres sont renforcées par des sacs de sable.

En 2018, le but des travailleurs humanitaires était d’apporter une aide vitale et des services de protection à 2,3 millions de personnes. Toutefois, a souligné Mme Mueller, le plan d’aide humanitaire pour l’Ukraine n’a reçu que 13% des 187 millions de dollars demandés. Cette situation a obligé des agences, comme le Programme alimentaire mondial (PAM), à se retirer du pays. La situation en matière de santé est également grave, a averti l’intervenante. Des millions de personnes, n’ont qu’un accès limité aux soins.

Sur une note plus positive, elle a informé que l’ONU avait récemment amélioré son accès humanitaire dans la zone non contrôlée par le gouvernement. « L’est de l’Ukraine se trouve maintenant dans une crise de protection prolongée » qui requiert « une nouvelle façon de travailler », a conclu Mme Mueller.

rr/UN

 
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