jeudi, 19 juillet 2018|

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« Oeconomicae » : le plaidoyer du Vatican pour une humanisation de l’économie

C’est un document fondateur, publié par la congrégation pour la Doctrine de la foi et le dicastère pour le Développement humain intégral. Disponible en plusieurs langues, le texte entend dessiner de nouvelles formes d’économie et de finance dans un paysage mondialisé et enclin à la disruption.

www.radinrue.com le XVII -V - MMXVIII, 14h11 ; DA/VN

Le texte intitulé sobrement « Questions économiques et financières » -Oeconomicae et pecuniariae quaestiones- ambitionne de fournir des « repères éthiques concrets » aux sommités économiques, mais aussi aux chefs d’États, décisionnaires en matière de régulation de marché.

Faire cesser le règne du « profit pur »

Élaboré par des experts économiques et financiers externes au Vatican, le texte appelle à placer l’homme et le bien commun, et non « le profit pur », au centre des échanges économiques et financiers mondiaux.

L’influence croissante des marchés sur le bien-être matériel d’une bonne partie de l’humanité y est particulièrement décriée, partant d’un constat simple : au cours de la seconde moitié du XXème siècle, le bien-être économique s’est considérablement accru, hélas, de pair avec les inégalités.

Un constat sévère de la mondialisation

Le Saint-Siège n’épargne donc aucunement l’actuel système économique dominant, qui fait prévaloir « un égoïsme aveugle ». « L’opportunité d’apprendre de la récente crise financière a été gaspillée et l’exploitation et la spéculation au détriment des plus faibles sont toujours une réalité aujourd’hui », énonce-t-il, critiquant tout autant le blanchiment d’argent, la non-transparence, la corruption, ou encore les placements offshore.

Également dans le viseur, « le tout-quantitatif » et l’absence de prise en compte de la « qualité de vie ».

Une alliance entre savoir technique et sagesse humaine

Première solution stipulée : réguler les marchés. Afin de protéger le bien commun et d’impliquer tous les membres de la société dans la richesse et le développement, l’alliance entre acteurs économiques et politiques doit être renouvelée. Une alliance renouvelée qui permette un meilleur contrôle des affaires économiques, « sous peine de voir tout agir humain se pervertir ».

Deuxième solution : établir une orientation éthique dans tous les domaines, qu’ils soient économiques, bancaires ou monétaires. Le but ultime doit être de réduire les inégalités et la pauvreté dans le monde. « L’argent doit servir et non gouverner ! » s’exclamait le Pape François dans son exhortation apostolique Evangelii gaudium. Le Vatican insiste ici sur le bien-être de l’humanité, à la racine de la solidarité, de la justice et du « capital humain », beaucoup plus important qu’un simple Produit Intérieur Brut. « Les systèmes ne sont en effet pas constitués de dynamiques anonymes, mais de relations humaines ; les humains ne sont pas seulement des consommateurs et des entrepreneurs ».

La nécessité d’une autocritique entrepreneuriale

Des cours dans les écoles de commerce sur « l’économie et la finance à la lumière de l’homme » sont ainsi recommandés. Du texte surgit aussi un appel à « l’autocritique » des entrepreneurs. Ils doivent initier un retour vers une culture entrepreneuriale et financière, qui mette l’accent sur le bien commun et la responsabilité sociale. Les banques doivent améliorer la transparence de leurs affaires monétaires ; les prêts bancaires et l’épargne doivent être plus clairement définis, surtout en matière d’investissements. Les clients devraient être en mesure de voir si leur propre capital a été utilisé à des fins spéculatives ou non. Les comités d’éthique devraient être mis en place dans les conseils d’administration, de sorte qu’un autre appel à des cours d’éthique dans les écoles de commerce soit une partie intégrante.

rr/DA - VN

 
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