vendredi, 14 décembre 2018|

19 visiteurs en ce moment

 

Le Pape a reçu la famille d’Asia Bibi et une ex-otage nigériane

Le Pape François a reçu samedi matin les proches d’Asia Bibi, une chrétienne emprisonnée depuis neuf ans au Pakistan en raison d’une accusation de blasphème, et Rebecca, une jeune Nigériane qui fut une otage de Boko Haram.

www.radinrue.com le XXIV - II - MMXVIII, 16h40 - VN/Emmanuela Campanile

Le Pape a accordé une audience privée au mari et à la fille d’Assia Bibi, et à Rebecca Bitrus, une jeune Nigériane emprisonné par Boko Haram durant deux ans, à l’occasion de l’opération organisée ce samedi soir par l’Aide à l’Église en Détresse, qui prévoit notamment d’illuminer le Colisée en rouge, pour rendre hommage aux martyrs chrétiens d’aujourd’hui.

Alessandro Monteduro, directeur de l’antenne italienne de l’Aide à l’Église en Détresse (ACS, Aiuto alla Chiesa che soffre), raconte ce dialogue entre le Pape et ces trois témoins directs des persécutions vécues aujourd’hui par les chrétiens dans certains pays du monde :

« Cela a été une rencontre extraordinaire. Nous sommes encore tous particulièrement touchés, et il nous faudra même du temps pour remettre en ordre les souvenirs dans notre mémoire. La rencontre qui duré environ 40 minutes, avait une composante centrale : la foi. Il y avait une spiritualité extraordinaire. Pas seulement la spiritualité du Saint-Père, mais aussi celle de ces jeunes femmes, et celle du mari d’Asia Bibi. Nous avons prié avec le Saint-Père. Cela a été un moment merveilleux. Il a voulu que nous le faisions tous ensemble dans nos langues. Par exemple, Eisham, la fille d’Asia Bibi, a prié en ourdou. Rebecca, la fille victime de Boko Haram au Nigéria, elle, l’a fait dans son dialecte, l’haoussa, et nous, évidemment, dans notre langue.

Nous avons récité le Notre Père, et ensuite l’Ave Maria. Cela a été un moment d’extraordinaire intensité émotive. Évidemment, puisqu’il s’agit d’une audience privé, il est juste, aussi de ne pas raconter tout ce que le Saint-Père a pu nous dire.
J’imagine qu’il y a eu un encouragement de la part du Pape François…

Asia Bibi, cette chrétienne pakistanaise condamnée à mort en novembre 2010 pour des accusations de blasphème envers l’islam, est emprisonnée depuis maintenant neuf ans. Ses proches, son mari, Ashiq Masih, et sa fille, Eisham Ashiq, sont reçus ce 24 février par le Pape François, en présence du directeur de l’association Aide à l’Église en Détresse (AED) Italie, dans le cadre de l’événement organisé ce soir au Colisée par cette même fondation qui vient en aide aux chrétiens persécutés dans le monde.
À 18h00, ce samedi 24 février, le Colisée de Rome ainsi que des bâtiments emblématiques de Mossoul et d’Alep seront en effet illuminés en rouge en mémoire de tous les martyrs de notre époque contemporaine.
La défense de la liberté religieuse
À la suite du Christ de Rio au Brésil, de l’Abbaye de Westminster en Angleterre et de la Basilique de Montmartre à Paris, cette initiative ambitionne de mettre en avant par-dessus tout la défense de la liberté religieuse. L’AED relève que 75% de la population mondiale vit dans des pays où il existe des violations graves, voire extrêmes, de ce droit fondamental.
Des personnalités telles que le Secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, le secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (CEI), Mgr Nunzio Galantino, ainsi que le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ont annoncé leur participation à la célébration du Colisée de Rome.

Asia Bibi se sent mentalement et physiquement bien. Elle sera bientôt libérée parce que nous luttons pour sa liberté. Même si depuis les neuf années qu’elle est en prison, elle souffre, nous espérons obtenir sa liberté le plus vite possible.
Quand elle sera libérée, elle ne pourra assurément pas survivre en restant au Pakistan. Parce que beaucoup de gens là-bas exigent sa pendaison, malgré les prières des gens du monde entier.
Dès qu’elle sera libérée, elle ira immédiatement dans un lieu apaisé, serein et convenable. La Cour suprême nous a donné 3 jours pour qu’elle quitte le Pakistan et qu’elle rejoigne un lieu sûr à sa libération.

Absolument. Je peux raconter un des moments les plus beaux. Comme probablement le savent déjà les auditeurs, parce que vous en avez parlé ces derniers jours, Eisham, le 17 février, avant de partir pour Rome, a rencontré sa maman en prison, Asia Bibi. Elle lui a dit : “Tu sais, maman, je vais à Rome. Je rencontrerai aussi le Pape. Je vais à Rome parce que le Colisée s’illuminera de rouge. Nous penserons à toi, et eux aussi, dans le monde, ils penseront à toi.”
Asia lui a répondu : “Si tu rencontres le Pape, donne-lui un baiser de ma part.” Nous sommes partis de cela, c’est-à-dire du baiser que Eisham a donné au Saint-Père, et que le Saint-Père n’a pas seulement pris pour lui, mais qu’il a rendu avec une affection et un témoignage de proximité, de foi, de solidarité qui disait tout, dans cette étreinte. La rencontre aurait pu se conclure aussi seulement avec un salut introductif pour l’intensité du lien qui s’est immédiatement instauré entre le Saint-Père et les témoins.

Que pouvez-vous nous dire des réactions de ces jeunes femmes, et du mari d’Asia Bibi ?

Ils étaient agréablement sous le choc. L’intensité, l’émotivité de la rencontre a été vraiment forte, très forte, un impact impossible à décrire, comme l’émotion qu’aucune de nous n’a caché, en particulier les filles. Il y avait une émotion vraie, visible. Elle était forte. Le Saint-Père a qualifié Asia et Rebecca de “femmes martyres, des merveilleuses femmes martyres, des exemples pour une civilisation qui a peur de la douleur”. »

rr/VN

 
A propos de RADIN RUE
®© 1982 - 2018 Radin Rue — ISSN 2270-5864 — Radin Rue a été fondé en 1982 sous format papier, depuis 2001 Radin Rue ne paraît plus sous format imprimé. Il est publié sur internet depuis le 22 décembre 1997 et en tant que www.radinrue.com depuis 24 septembre 2000. Ce site est dépendant de la (...)
En savoir plus »