vendredi, 16 novembre 2018|

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Mes jours passés avec Peppina ; ou quand j’ai lu Nasser

Chaque roman demeure une histoire qui nous emporte au fond même des entrailles de celui qui, à la façon de chaque artiste, créé peu à peu une réalité, une profondeur dans laquelle il nous emmène. Nasser m’a fait voyager dans un merveilleux univers tout au long des pages qu’il a écrite et qu’une fois rassemblées il a signé sous le "Secret de Donna Peppina"... venez je vous montre.

www.radinrue.com le VII - IV - MMXVII, 11h00, par Benjamin D. Pyrz, photo : RR.

Dans une charmante petite ville du sud de l’Italie, bien plantée sur une falaise mais qui regarde la mer, le soleil brûle dès l’aube les tuiles, les pierres et la chaux blanche des murs des maisons basses. Donna Peppina sort de chez elle, dans la courte fraîcheur du matin, pour se rendre au marché situé au fond du Corso.

Son mari avait dû émigrer au Nord et son jeune fils a disparu dans un accident de moto sur la route littorale de la mer Ionienne. Il lui reste une ravissante fille, Anna, qui l’aide le soir à servir les clients de sa Trattoria, des convives qu’elle considère comme des proches et certains proches comme des amis. Grâce à la rumeur, véritable baromètre de l’humeur, des émotions, des faits et gestes de 12 357 habitants, tous savent qu’elle possède un secret.

Un soir d’été, au moment où il allait être dévoilé, un homme frappe violemment sur la vitre de la porte d’entrée alors que la pancarte écrite à la main indiquait bien : completo.
(photo de Nasser / radinrue.com)

L’arrivée de l’intrus, prêt à tout pour rencontrer Donna Peppina, créera un bouleversement qui restera gravé dans la mémoire des convives et des habitants de cette charmante petite ville du sud de l’Italie bien plantée sur une falaise mais qui regarde la mer.

J’ai posé ma cigarette quelques instants pour sentir les pages fraîchement imprimées en Pologne et édité par l’éditeur suisse 5 sens éditions. Je ne savais pas encore que cet odeur du papier, que j’adore depuis mes plus tendres années, cachait derrière la plume de Nasser des myriades d’odeurs, de couleurs et même de goûts, si puissamment retranscrit et incorporé dans cette belle histoire, quasi théâtrale, que mes sens en bouillonnaient. L’auteur prenait en pitié notre emploi du temps lorsque son art à l’aide de la plume grattait et gravait l’histoire au fil des pages, et par ses propres mots nous pousse désormais tout au long de l’ouvrage à reposer quelques instants le livre, quelques instants, juste pour croquer un morceau, car comment ne pas avoir faim et envie, alors que l’on s’imprègne des meilleurs plats italiens et ceux particulièrement exquis que prépare Donna Peppina dans sa trattoria de ce coin de midi italien ?

Toutefois ne tirez pas de conclusion hâtive, Nasser voit bien plus loin que la simple romance italienne de la cuisine et des odeurs. Dans ce roman Nasser a placé de l’humain, du familial, de la joie comme de la peur, il a réussit à nous faire rire, ou nous a obligé à hurler "stop" lorsque un jeune désabusé - Elvio - enchaîné à la boxe s’écroulait sous les coups dans un ring mafieux : Aujourd’hui, Elvio n’en veut à personne, même s’il a perdu son visage de beau gosse et qu’il avait dû affronter des difficultés d’ordres respectivement familial et financier. Comme il gratouille de temps à autre quelques accords de guitare, il avait un moment envisagé de se reconvertir. Mais, ce n’est pas facile de devenir chanteur quand on zozote. Des amis lui avaient conseillé l’instrumental…
Après cette ultime déconvenue, sa fiancée du moment envisageait, pour voir, de considérer sous un autre angle les avances prodiguées avec constance par son coiffeur. Un ami d’enfance, doux et un peu efféminé, qui l’avait toujours désirée, mais dans la plus grande discrétion. Même sans rendez-vous, elle passait, au risque de lui faire perdre un pan entier de la clientèle de son salon unisexe. Il réussissait à tous les coups la – pourtant si difficile – teinture châtain clair avec des reflets acajou. Sa couleur favorite qui lui allait à merveille et lui donnait une allure plus femme, plus mûre. Une fois embellie, elle ne manquait pas de le gratifier d’un large sourire langoureux à faire naitre les plus beaux espoirs. « Une permanente pour changer de look, cette fois ? Lui conseillait-il de temps à autre. Bisou, bisou, ma chérie. Je t’attends. Je ne suis là que pour toi, tu le sais bien. »

La plongée dans la beauté merveilleuse et tragique à la fois des histoires de chacun de ses héros, de ses acteurs, de ses êtres, est un cadeau que nous fait l’auteur, un cadeau qui nous lie d’amitié, de sympathie avec tout ce monde si vivant si vrai qui peuple le petit village dans lequel Donna Peppina œuvre à transmettre les saveurs de sa vie à ses clients, ses amis en fait, presque ses proches.

Dans ce contexte décrit avec beauté Nasser fait intervenir un étranger et alors que son ouvrage est déjà écrit comme un terreau pour une pièce de grand théâtre, c’est un cinéaste qui s’invite dans la vie de tous ces personnages. Son but découvrir le secret culinaire parfait de Donna Peppina. Mais en dire plus, d’avantage, serait indécent, il faut tout de même à votre tour vous laisser entrer dans ce sublime roman de Nasser...

Pour vous procurer Le secret de Donna Peppina , par Nasser, cliquez ici.

Pour les lecteurs vivant en Italie, une soirée de signature se tiendra à la Librairie Française de Rome, située Piazza San Luigi Dei Francesi, 23 le Vendredi 21 avril 2017 à partir de 18 h 30 avec Buffet, boissons et sourires.

radinrue.com

 
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