mercredi, 17 juillet 2019|

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LE PAPE A MILAN, une rencontre formidable avec les fidèles

Le Pape est arrivé à Milan à 8h ce samedi 25 mars pour une visite pastorale. Il s’est d’abord rendu dans le quartier Forlanini où il a rencontré trois familles dans leurs appartements. Sur l’esplanade des "Case Bianche", un bloc d’immeubles en périphérie de la cité lombarde, le Saint-Père s’est adressé aux résidents.

www.radinrue.com le XXVI - III - MMXVII, 14h51 ;

— DOSSIER —

Il les a remerciés pour deux cadeaux qu’il a reçus de leur part. D’abord, une étole, « un signe typiquement sacerdotal (…) qui me rappelle que je viens ici au milieu de vous comme un prêtre » a dit le Pape. Cette étole est artisanale, tissée par ces habitants milanais, « avec leur foi, leur travail, leurs prières et leurs larmes ». Ce qui « la rend d’autant plus précieuse et rappelle que le prêtre chrétien est choisi par le peuple et au service du peuple ».

Les résidents du quartier ont aussi offert au Pape une image de la Madone, avant et après restauration, comme celle qui « accueille » depuis le sommet du Duomo de Milan. Cette image rappelle au Saint-Père la « sollicitude de Marie, qui court à la rencontre Elizabeth, comme l’Église, qui ne reste pas dans le centre à attendre, mais va à la rencontre de tous, dans les périphéries, pour les chrétiens et les non croyants ». La restauration de la Madone évoque aussi à François, le besoin de l’Église d’être toujours « restaurée, car elle est composée de nous, qui sommes pécheurs ». En ce temps de Carême, appelle le Pape « laissons-nous restaurer, nettoyer le cœur, par Dieu et sa miséricorde ».

Après une rencontre avec familles du quartier, les familles roms, musulmanes et immigrées, le Saint-Père se rend au Duomo, la cathédrale milanaise pour s’adresser aux prêtres et séminaristes du diocèse.

Le Pape François déjeune avec une centaine de détenus à Milan

Il s’est ensuite rendu en fin de matinée à la prison San Vittore, à trois kms de là. Accompagné du cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, il a été accueilli par des responsables pénitentiaires ainsi que par l’aumônier de la prison. Le Saint-Père a également salué le personnel pénitentiaire (gardiens, policiers, éducateurs, personnel sanitaire) ainsi que des représentants des bénévoles qui interviennent au sein de la structure.

Le Saint-Père a ensuite salué personnellement des détenus dans différentes secteurs de la prison. Il devait notamment visiter le centre sanitaire, le secteur féminin (90 des 950 détenus de la prison sont des femmes) et celui dédié aux jeunes adultes. Il a ensuite déjeuné avec une centaine de détenus de tous les secteurs de la prison. Le repas avait été préparé par les prisonniers.

La messe au Parc Monza

En milieu d’après-midi, le Pape a été accueilli par une foule très nombreuse, près d’un million de personnes, pour une messe au parc de Monza.

Sous un grand soleil, il y a présidé une concélébration eucharistique en la solennité de l’Annonciation. Dans son homélie, François a appelé les fidèles à se réjouir, comme Marie, de la venue de Dieu parmi nous, dans notre quotidien. Il a expliqué comment l’Ange Gabriel nous donne les clés pour propager cette joie, sans crainte.

« Ouvrez les portes du Christ » chantent les 8000 choristes au début de la procession. Un appel qui s’adresse à tous car depuis l’Annonciation, « rien ni personne ne laisse Dieu indifférent », explique le Pape dans son homélie. « La joie du salut a débuté dans la vie quotidienne de la maison d’une jeune de Nazareth » et encore aujourd’hui c’est « dans nos villes, nos écoles et universités que s’accomplit l’annonce la plus belle que nous puissions entendre : “Réjouis-toi, le Seigneur est avec toi !” ».

Mais le « rythme vertigineux » auquel nous sommes soumis peut nous voler cette espérance et cette joie, déplore le Pape, surtout en ces temps de spéculation. « On spécule aujourd’hui sur la vie, sur le travail, sur la famille. On spécule sur les pauvres et sur les migrants ; on spécule sur les jeunes et sur leur futur. Tout semble se réduire à des chiffres. »

« Comment alors, est-il possible de vivre la joie de l’Évangile aujourd’hui ? » En regardant le présent « avec audace », répond le Pape. Il est d’abord nécessaire de « faire mémoire, de regarder notre passé pour ne pas oublier d’où nous venons », tout comme l’Ange évoqua « la promesse faite à David ». Cette mémoire permet à Marie de s’approprier son appartenance au Peuple de Dieu, un « peuple formé de milles visages, histoires et provenances, un peuple multiculturel et multiethnique qui n’a pas peur d’accueillir celui qui en a besoin ».

Enfin c’est quand nous acceptons « d’être aidés », « d’être conseillés » que l’impossible commence à devenir réalité, car, comme le dit l’Ange : « Rien n’est impossible à Dieu ».

Face aux jeunes au stade San Siro

Le Pape a conclu sa journée à Milan par une rencontre festive au stade San Siro de Milan, avec 80 000 jeunes confirmands.

Accueilli avec beaucoup d’enthousiasme, au milieu des chants et des danses, le Pape a répondu à quelques questions des jeunes, notamment sur la transmission de la foi, l’amitié personnelle avec Jésus. Le Pape a une nouvelle fois insisté sur l’importance d’une relation forte entre les jeunes et leurs grands-parents. Prenant appui sur sa propre expérience avec ses grands-parents, le Pape a expliqué que « les grands-parents ont une sagesse de la vie, et avec cette sagesse de la vie ils nous enseignent comment être plus proches de Jésus ».

François aussi insisté sur l’importance de prendre du temps pour jouer avec les amis, car « quand le jeu est propre, on apprend à respecter les autres, on apprend à faire équipe, à travailler tous ensemble. Et ceci nous unit à Jésus. » Le Pape a aussi invité les parents à prendre du temps pour jouer avec leurs enfants, et trouver ainsi des occasions de proximité.

Invitant les participants à réfléchir en silence pour se souvenir de la personne qui les avait aidé à croire, le Pape a évoqué le prêtre originaire de Lombardie, du diocèse de Lodi, qui l’avait baptisé et accompagné dans son enfance en Argentine, jusqu’au noviciat, se souvenant de lui comme d’un « apôtre du confessionnal ».

S’adressant à des jeunes parents, le Pape a rappelé que « les enfants nous regardent, et vous n’imaginez pas l’angoisse que ressent un enfant quand les parents se disputent. Ils souffrent ! Et quand les parents se séparent, ils en paient les frais ». Pour le Pape, il faut au contraire prendre soin « de leur cœur, de leur joie, de leur espérance », et ainsi les faire cheminer sereinement dans la foi, comme ces familles qui vont jouer au parc le dimanche après-midi, après la messe. François a même expliqué que dans son pays, il y a un verbe en espagnol qui traduit ces moments de gratuité, "dominguear", passer le dimanche ensemble. Le Pape a regretté que de plus en plus de parents soient contraints de travailler le dimanche. Il faut toujours « jouer avec les enfants, "perdre" du temps avec les enfants, et transmettre la foi, aussi. C’est la gratuité, la gratuité de Dieu », a-t-il martelé.

Le Pape François, lui-même ancien enseignant, s’est aussi exprimé sur la question de l’école. Il a appelé à une éducation plus réaliste, « avec l’intellect, avec le cœur, et avec les mains, les trois langages », pour savoir penser, sentir et faire. On ne peut pas éduquer seulement avec des notions et des idées, a-t-il insisté. Il faut laisser aux jeunes des espaces de gratuité, pour que leurs talents se développement pleinement.

Enfin, le Pape a lancé un appel contre le harcèlement. « Est-ce que dans votre école, dans votre quartier, il y a quelqu’un sur lequel vous faites de mauvaises plaisanteries, parce qu’il a tel défaut, parce qu’il est gros, parce qu’il est maigre, pour telle ou telle chose ? Réflechissez. Et cela vous plait de lui faire prendre honte, de le frapper pour cela ? Réflechissez. Ceci s’appelle du harcèlement. S’il vous plait, pour le sacrement de la confirmation, faites la promesse au Seigneur de ne jamais faire cela, et de ne jamais permettre que cela se fasse dans votre collège, dans votre école, dans votre quartier. C’est compris ? », a lancé le Pape au milliers de jeunes dans le stade, qui lui ont répondu oui avec ferveur.

À la conclusion de cette rencontre, le Pape a récité le Notre Père, puis salué des jeunes handicapés, avant de repartir vers Rome. Il devait atterrir vers 19h30 à l’aéroport de Fiumicino mais un retard de 45 minutes était probable compte tenu du temps passé au stade avec les 80 000 jeunes.

rr

 
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