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Semaine Sainte — Coronavirus : « Il ne faudrait pas tenter Dieu… appliquons les mesures »

Des grincements de dents n’ont pas manqué chez des Chrétiens à la suite des mesures prises par les Evêques dans la ligne du ministère de la Santé pour faire face au coronavirus. Le Père Simon Pierre Sagna, curé de la paroisse des Martyrs de l’Ouganda, prêche sur ces mesures rassure les fidèles et remet les pendules à l’heure. Pour lui, il ne faut pas tenter Dieu.

www.radinrue.com le XXIV - III - MMXX, 22:48, avec FIDES POST entretien avec le père Père Simon Pierre Sagna

FIDESPOST : Quelles sont les alternatives pour les Chrétiens comme il n’y plus de Chemin de croix, ni de messe à cause des mesures contre le coronavirus ?

Père Simon Pierre Sagna : On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de Chemin de croix. Ce qui est dit, c’est que rassembler des personnes pour la prière (messe, mouvement, catéchèse…) est suspendu. Pour ce qui est du Chemin de croix, ce qu’on a demandé aux Chrétiens, c’est de prier à la maison. Ce dans le respect des mesures proposées par le ministère de la Santé. Par rapport aux directives, données par ladite institution, les Evêques se sont prononcés très vite pour sensibiliser la population et éviter une grande propagation du coronavirus. Les Chrétiens peuvent réciter le Chemin de croix chez eux. Pour apporter une solution à la situation du moment, les Evêques ont fait cette proposition préventive. Pour le moment, vu que la maladie est chez nous, nous suspendons tout ce qui est célébration. Mais au niveau de la prière, chaque Chrétien peut prier chez lui.

Ne va-t-il pas manquer quelque chose aux fidèles qui vont désormais prier sans le prêtre, la communauté ?

Rien n’est perdu, parce que ce n’est pas quelque chose qui est régulière et la communauté chrétienne dans son ensemble comprend tous ces changements. Cette mesure vient accompagner d’autres prises par le ministère de la Santé. Il est vrai que pour les chrétiens, habitués aux assemblées, ça peut être difficile. Oui, il leur manque quelque chose qui est la personne du prêtre, et pour nous qui le sommes, il nous manque aussi les fidèles dans nos messes actuelles. L’idéal, c’est la communauté chrétienne réunie au nom Jésus-Christ. C’est très beau de vivre cela. Personne ne veut la situation présente, et aucun sénégalais n’attendait une telle maladie. Maintenant, il faut protéger la vie humaine. Au bout des mesures prises, c’est ce qui est visé, c’est la protection de la vie humaine, car elle est un don sacré. C’est dans un aspect positif qu’il faudrait regarder à travers le communiqué de nos évêques. Si on entre dans cette logique, tout le monde se sentira bien. Dans la situation actuelle, nous devons strictement respecter ce que le ministère de la Santé, les Evêques et Imams ont dit.

Il n’y a, non plus, plus de messe, n’est ce pas ?

La messe dominicale n’a plus lieu tout simplement à cause de je viens de vous dire. Il faut comprendre la situation que nous vivons. On a quelques moyens pour faire face à la maladie, mais nos pays africains ne sont pas préparés à affronter la maladie pour une longue durée. Notre vie en famille, je veux vous parler de la famille africaine comme on l’appelle, est déjà un problème puisque nous devons respecter une certaine distance dans la cohabitation. Quand les autorités ministérielles, ecclésiales disent attention, nous devons respecter cela. La messe va manquer même pour nous prêtres, parce que le rassemblement de la communauté chrétienne, c’est l’église. Cela va manquer à tout Chrétien, mais c’est pour un grand bien. C’est ce qu’il faudrait retenir. La décision des Evêques n’est pas banale. C’est parce qu’il y a quelque chose de sérieux qui menace notre société qu’ils ont levé la voix pour protéger nos vies. Ce sont des mesures pour aider les spécialistes de la santé à nous aider.

Les fidèles sans le prêtre, sont-ils préparés à bien prier ?

Les Chrétiens ne sont pas laissés à eux-mêmes. Tous les presbytères fonctionnent. Ce qui nous est demandé, c’est d’éviter les regroupements de personnes et certains déplacements inutiles. Depuis que le communiqué est sorti, nos bureaux fonctionnent, nous recevons les fidèles. Le Chrétien n’est pas laissé à lui-même par le fait de rester chez lui. C’est parce qu’il y a une situation qui est là et qu’il comprend. S’il a un besoin précis, il peut s’adresser au prêtre de la paroisse.

Certains soutiennent qu’on serait plus efficaces dans la prière en communauté ?

Ce sont des choses que les gens disent dans les réseaux sociaux en réaction aux différents communiqués des autorités étatiques et religieuses dont l’objectif est d’éviter la propagation du coronavirus. Ce qui est scientifique l’est pour tous en tant que vérité universelle. Il ne faudrait pas tenter Dieu. Il est vrai que le soleil fait parti du quotidien des Africains, mais il n’appartient pas à l’Afrique. Il brille aussi en Chine et en Europe qui sont riches, avec des systèmes de santé qui frisent l’excellence et pourtant ils n’arrivent toujours pas à stopper le coronavirus. Il s’agit donc pour nous d’appliquer les mesures commandées et vivre de sa foi chrétienne. C’est vrai que la communauté chrétienne ne vient plus à l’église, mais, tous les matins, nous prêtres, disons la messe pour l’Eglise entière, le Sénégal et toutes nos communautés chrétiennes aujourd’hui absentes dans nos églises.

Vous faites la messe sans les fidèles ?

Le prêtre, à lui seul peut dire la messe, comme dans la situation présente ou en voyage.

On dit que le prêtre a l’obligation de célébrer la messe, n’est ce pas ?

Ce n’est pas le dimanche seulement. Il doit tous les jours dire la messe. Dire que le prêtre a l’obligation de célébrer la messe, est une répétition inutile parce que la célébration de l’eucharistie est le cœur de la vie sacerdotale. Ce n’est pas, parce qu’il n’y a pas assemblée, que le prêtre ne dit pas la messe. Tous les matins, nous disons la messe pour notre propre sanctification et pour les Chrétiens qui confient des intentions. Pour finir, je voudrais souligner que pour le Chrétien, prier par exemple pour les morts ou rendre grâce à Dieu n’est pas quelque de facultatif, c’est un devoir. Nous prions pour toute notre communauté paroissiale absente dans l’église.

C’est, dans ce cas, une messe spéciale ?

Une messe est la même partout qu’elle soit dite au Sénégal ou à Rome. La différence entre les messes réside sur l’intention de leur célébration. Souhaitons qu’il n’en ait pas d’autres de coronavirus dans le pays. C’est quelque chose qui a surpris le monde entier.

Propos recueillis par Emile DASYLVA

Fides Post / rr

 
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