mercredi, 12 décembre 2018|

16 visiteurs en ce moment

 

Premier dimanche de Carême — HOMÉLIE : Tentation et Passion, pénitence et baptême

Le premier dimanche de Carême B 2018 A.D.

Tentation et Passion, pénitence et baptême

(Gen 9, 8- 15 ; 1 P 3, 18- 22 ; Mc 1, 12- 15)

www.radinrue.com le XVIII - II - MMXVIII, 12h00 ; par P. P. Madros ;

Le baptême : antidote au Déluge (Gen 9, 8 ss)

L’arche de Noé représente le baptême qui nous délivre (1 P 3, 21), par le sang du Christ ! L’eau dévastatrice est neutralisée par l’eau vivifiante et salvatrice. Le sacrifice du Calvaire nous a obtenu « l’arc en ciel » ! Maintenant, si nous pouvions laisser divaguer notre pieuse fantaisie, nous pourrions dire que « sous le ciel de Paris », de Rome ou de Jérusalem, il n’y aura la vie, à nouveau, que si « marchent les amoureux », grâce à deux couples au moins, comme dans l’arche. Il s’agit, à coup sûr, de couples hétérosexuels, autrement plus de génération, plus de transmission de la vie, mort et désolation, ou bien « parenté » mensongère, sans complémentarité ! Et puis, autre condition, « de vie et de bénédiction pour toujours », c’est qu’on soit toujours, « des gens par milliers », « près de Notre-Dame » et dans la Cathédrale (avec le Sacré-Cœur !) ! S’il n’y a plus de « Notre-Dame », « Saint Pierre », « le Saint Sépulcre », « la cathédrale Saint Paul ou Saint Patrick »…, ce globe terrestre s’enfoncerait irrémédiablement dans l’athéisme le plus désespéré et le plus exécrable, ou bien dans les religions non chrétiennes où Allah n’est pas amour, et où la femme n’est pas égale à l’homme, ni les esclaves égaux aux hommes et aux femmes libres, dans une régression d’au moins sept siècles, revenant de la notion du Dieu-incarné-avec-nous au Dieu transcendant, impassible et inaccessible (Jean-Paul II, « Entrer dans l’espérance »), revenant de la douceur du Christ aux conquêtes djihadistes, de la monogamie à la polygamie, du mariage entre adultes aux mariages de mineures ; bref, en revenant du baptême à la circoncision. En effet, c’est dans le baptême que se réalise l’égalité, et la fraternité, complètes entre hommes et femmes, Juifs et Grecs, esclaves et hommes et femmes libres (Gal 3, 26 ss).

A propos de l’arc en ciel, que le « ciel de Paris » offre « pour se faire pardonner » après une pluie déprimante, nous en parlons avec un optimisme prudent, car « seule l’inutilité du premier Déluge a empêché le Seigneur d’envoyer le second » (phrase citée par le P. Pierre Médebielle, notre professeur de philosophie, de théologie, et historien du Patriarcat Latin de Jérusalem). Quant à la Ville-lumière, nous ne pouvons lui souhaiter que de revenir, en masse, à son premier amour, le Christ et la sainte Vierge !

Une lecture pastorale de 1 P 3, 18 s

Le Christ « est mort pour les péchés » ! Sans blague !? Ah bon ! Nous croyions, avec un éminent prélat allemand, en principe catholique, que Jésus était mort « par solidarité pour les pauvres et les souffrants » ! Cette sensationnelle et décevante « découverte » fait mal au cœur ! Elle ne trouve nulle part de justification dans la Bible ni dans la théologie la plus « évoluée », même pas chez les « théologiens de la libération » à la Boff ! Pouvons-nous sauver la situation en disant, avec un ton réconciliateur, que la crucifixion du Christ a apporté le salut « aux pauvres, aux souffrants » du péché, plus grand mal, plus grande mort, plus grande indigence ?! L’illustre évêque ne semble pas l’entendre de cette oreille. Et si c’est tiré par les cheveux, préférons la calvitie du Calvaire et « la simplicité du Christ » (2 Cor 11, 3).

Faisant un peu marcher notre substance grise, il ne faut pas nous gêner de critiquer, avec respect, cet évêque qui n’est pas infaillible. Pour Jésus, mourir par solidarité ne servait à rien et à personne ! Mieux aurait valu continuer à nourrir les affamés, multipliant à plaisir pains et poissons, guérir les souffrants, au lieu de leur donner un motif de plus pour s’attrister, en voyant leur ami cruellement exécuté ! Comme quoi, un peu de bon sens suffit pour remettre les choses en place.

« Christ a été mis à mort en vertu de (ou : selon) la chair, vivifié en vertu de (ou : selon) l’esprit »

Attention ! Les Témoins de Jéhovah tordent le texte, deux fois, en changeant de préposition, et traduisant « mis à mort dans la chair, vivifié (ou : rendu à la vie) dans l’esprit ». De là à dire qu’Il a été « ressuscité en esprit » il n’y a qu’un pas ! Eh bien, non ! Ressusciter en esprit est absurde, puisque l’esprit ne meurt pas. L’expression grecque πνεύματι signifie « par la force de l’esprit, en vertu de l’esprit », c’est lui qui vivifie le corps (aussi dans Rom 8, 11).

« Le baptême : engagement à Dieu d’une bonne conscience » (1 P 3, 21)

Ce texte parle des adultes qui se font baptiser. Mais il n’élimine ni ne neutralise les nombreux versets qui attestent la réalité et la nécessité de baptêmes d’enfants : Jn 3, Jésus explique à Nicodème la nécessité, pour tout enfant humain, le plus tôt possible après sa naissance, d’être « né encore une fois, d’en haut, de nouveau, par l’eau et l’Esprit Saint ». Les apôtres et les premiers disciples ont baptisé, à tour de bras, des enfants et des mineurs, dans le double cadre de baptêmes de familles entières et de grandes foules, cf. Ac 2 et 10 et 16 et 18 ; 1 Cor 1, 16.

La « tentation » du Christ (Mc 1, 12- 15)

Le brave Marc est avare en détails ! « Jésus séjourna quarante jours au désert ; il était tenté par le démon ». Pour quarante jours, c’est maigre, comme information. Probablement, la source de notre évangéliste et son père spirituel, Saint Pierre, éprouvait de l’embarras avec cette histoire ! En lisant les autres synoptiques, notre curiosité sera satisfaite. La morale est la même pour tous : Jésus ne succombe pas ! Il serait intéressant de savoir Sa traduction à Lui de l’invocation devenue problématique dans le « Notre Père » : « Ne nous soumets pas… ne nous laisse pas succomber… » Mais, à la fin, l’idée est la même !

Conclusion

Renouveler les promesses de notre baptême ; rentrer dans l’arche spirituelle, même après avoir péché et commencé à « couler » ; nous relever et ressusciter de nos péchés ; vaincre la tentation, avec la grâce de Dieu, notamment celles de : l’ambition démesurée, la cupidité insatiable, la présomption, la lâcheté et la fuite devant notre mission (« la dernière tentation du Christ », d’après Katzanzakis-Scorsese) ; « faire pénitence et croire en l’Evangile » (c 1, 15).

radinrue.com

 
A propos de RADIN RUE
®© 1982 - 2018 Radin Rue — ISSN 2270-5864 — Radin Rue a été fondé en 1982 sous format papier, depuis 2001 Radin Rue ne paraît plus sous format imprimé. Il est publié sur internet depuis le 22 décembre 1997 et en tant que www.radinrue.com depuis 24 septembre 2000. Ce site est dépendant de la (...)
En savoir plus »