lundi, 23 octobre 2017|

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Miserando atque eligendo — Le Pape fidèle à sa devise

Miserando atque eligendo. L’essence et l’origine de la mission de Jorge Mario Bergoglio sont contenues dans la méditation proposée le jour de la fête de saint Matthieu, le jeudi 21 septembre, au cours de la Messe célébrée à Sainte-Marthe.

www.radinrue.com le XXII -IX- MMXVII, 10h52,

La devise que le Pape a choisie précisément pour reproposer l’attitude de Jésus envers le publicain est tirée de l’homélie 21 de saint Bède le vénérable, proposée par le bureau des lectures pour la fête liturgique de l’évangéliste.

Et les modalités concrètes, pas après pas, de la conversion de Matthieu – telle qu’elle a été immortalisée dans le chef d’œuvre du Caravage exposée dans l’église romaine Saint-Louis-des-Français – ont été reparcourues, en les actualisant, par le Pape dans son homélie. « Ce passage tiré de l’Evangile de Matthieu – a immédiatement souligné le Pape, se référant au passage suggéré par la liturgie (9, 9-13) – raconte la conversion de Matthieu : comment le Seigneur l’appela, le choisit pour le suivre ». Et « nous pouvons le voir dans trois passages : la rencontre, la fête et le scandale ».

« La rencontre », avant tout : « Jésus venait de guérir un paralytique et alors qu’il partait, il trouva cet homme appelé Matthieu ». En fin de compte, Matthieu « était l’un de ceux qui faisaient payer des impôts au peuple d’Israël, pour les donner aux romains : un traître de la patrie ». Au point que ces hommes « étaient méprisés ».

Voilà que Matthieu, a poursuivi François, « se sent observé par Jésus » qui, « dit l’Evangile, lui demande : "Suis-moi". Et lui se leva et le suivit ». Mais qu’est-ce qui a convaincu Matthieu de suivre le Seigneur ? « C’est la force du regard de Jésus » ; le regard de Jésus est « bienveillant, miséricordieux ». Face à ce regard, voici que « la résistance de cet homme qui voulait de l’argent, tombe ».

Dans la perspective de cette « lutte entre la miséricorde et le péché », a affirmé le Pape, il est important de se demander : « Comment l’amour de Dieu est-il entré dans le cœur de cet homme ? Cet homme savait qu’il était pécheur : il savait que personne ne l’aimait, qu’on le méprisait aussi » et c’est précisément « cette conscience de pécheurs qui ouvrit la porte à la miséricorde de Jésus : il quitta tout et s’en alla ». Voilà « la rencontre entre le pécheur et Jésus : tous les pécheurs qui trouvèrent Jésus ont eu le courage de le suivre, mais s’ils ne se sentaient pas pécheurs, ils ne pouvaient pas le suivre ».

Matthieu, a affirmé le Pape, « se sentit si heureux et certainement, même si ce n’est pas dans le texte, a-t-il invité Jésus à déjeuner chez lui, comme l’a fait également Zacchée ». C’est le moment de la « fête ». « Ils ont fait la fête ». Et lui a appelé ses amis qui étaient tous ainsi : pécheurs, publicains et certainement ils demandaient au Seigneur des choses et le Seigneur répondait pendant qu’il était assis à table dans la maison ». Donc « ils étaient à table, mangeaient avec les pécheurs ». Et « cela nous fait penser à ce que Jésus dit dans le chapitre 15 de Luc : il y aura plus de fête au ciel pour un pécheur qui se convertit que pour cent justes qui demeurent justes ». C’est, précisément, « la fête de la rencontre du Père, la fête de la miséricorde ; et Jésus use de miséricorde, pour tous ».

Mais tandis que le Seigneur « était assis à table », voici qu’arrive « le scandale ». L’Evangile, a expliqué François, raconte que « de nombreux publicains et pécheurs arrivèrent et ils se mirent à table avec Jésus et ses disciples ». Et « voyant cela, les pharisiens disaient à leurs disciples : "Comment cela se fait-il ?" ». Parce que, a-t-il ajouté, « quand vous entendez cette phrase, cela sent mauvais : derrière arrive le scandale, ils déchirent leurs vêtements ».

En effet, les pharisiens demandent aux disciples : « Comment se fait-il que votre maître mange avec les publicains et les pécheurs ? Votre maître est un impur, parce que saluer ces personnes te contamine ». Mais « ils avaient oublié le premier commandement sur l’amour et ils ont été enfermés dans cette cage des sacrifices : "Faisons un sacrifice à Dieu, faisons le sabbat, tout ce que l’on doit faire ainsi nous serons sauvés" ». En revanche, non, parce que « c’est Dieu qui nous sauve, c’est Jésus Christ ».

Pour sa part, « Jésus est clair, il est très clair : "Allez apprendre" ». C’est pourquoi « il les a envoyés pour apprendre : "Allez apprendre ce que signifie miséricorde, ce que je veux, et non pas des sacrifices, par ce que je ne suis pas venu, en effet, appeler les justes, mais les pécheurs ». Donc, a affirmé le Pape, « si tu veux être appelé par Jésus, tu dois te reconnaître pécheur ». Certes, « on pourrait dire : "Père, mais c’est une grâce de se sentir pécheur, vraiment ? ». Oui, parce que cela signifie « entendre la vérité ».

Voilà alors, a dit François en reparcourant les points essentiels de sa méditation, « la rencontre entre la miséricorde et le péché. C’est si beau de rencontrer Jésus ! ».

rr

 
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