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Le Saint-Siège s’associe à l’Onu pour défendre les océans

Menacés par le réchauffement climatique et la pollution, les océans font l’objet cette semaine à New-York, du 5 au 9 juin 2017, d’une conférence inédite des Nations unies qui souhaitent mobiliser ses États membres pour inverser la dégradation préoccupante du plus grand écosystème planétaire, les océans occupent près de 70 % de la surface terrestre.

www.radinrue.com le IX - VI - MMXVII, 16h01 ;

Une ressource clé en péril

Cette conférence onusienne vise à s’accorder pour « Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable », conformément au vœu adopté en 2015 par les 193 États membres de l’ONU. Or les océans, rempart important contre le changement climatique et ressource économique, sont en danger en raison de la pollution, de la surpêche ou du réchauffement climatique.

« Nous devons mettre de côté les gains à court terme pour empêcher une catastrophe mondiale à long terme », a déclaré Antonio Guterres, quelques jours après le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris. Le Saint-Siège, observateur permanent à l’ONU, était représenté par le cardinal ghanéen Peter Turkson. Le préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral est intervenu ce mardi 6 juin à New-York pour défendre la viabilité des océans, des littoraux et des hommes qui y vivent.

Intensification des activités humaines

Lors de son intervention, le cardinal Turkson a tracé les grandes lignes pour l’avenir. Il prévoit une augmentation probable des activités humaines dans les océans, juge que les routes maritimes sont appelées à connaitre un trafic toujours plus dense. « De nouvelles voies de transport pourraient même s’ouvrir, en raison d’une demande de transport majeure relative aux secteurs de la pêche, de l’exploitation minière, de pétrole ou de gaz ». Enfin, les ressources marines seront exploitées plus intensément tant à des fins commerciales que scientifiques et la technologie va également s’améliorer, créant des opportunités pour obtenir un meilleur accès et une utilisation plus saine des ressources.

Cela représente, dit-il, « un défi important » pour la viabilité des océans, des mers et des ressources marines, mais également « une grande opportunité pour améliorer la recherche et les connaissances liées au monde marin, pour développer de meilleures stratégies de protection et des méthodes d’atténuation en réponse à la dégradation environnementale telle que l’acidification des océans, et ainsi améliorer la vie des personnes qui dépendent des ressources marines, avec un respect de leur sécurité alimentaire, de leur habitat et de leur mode de vie ».

Pour améliorer la protection des océans

Le cardinal Turkson espère que le monde profitera de ce défi pour améliorer les politiques, les lois, la régulation et les comportements de telle sorte que la prospérité sociale aille de pair avec une viabilité environnementale. Pour minimiser les activités néfastes, il encourage ainsi une utilisation durable des ressources marines, au niveau local et global, et souhaite que des normes de régulation se renforcent, au niveau national et international. Il ne manque pas d’exemples : « Proposer des incitations fiscales, réévaluer les subventions inefficaces ou nuisibles, et ajuster les besoins en capitaux pour encourager les institutions financières à augmenter le nombre de prêts accordés à ceux qui voudraient faire des investissements respectueux de l’environnement marin ». Tout cela pourrait favoriser selon lui des changements bénéfiques dans le management, la protection, la conservation et la restauration des écosystèmes marins et côtiers.

Penser aux habitants des côtes

Il faut également prendre en compte les personnes qui vivent sur les côtes. « L’environnement humain et la nature fleurissent ou se détériorent ensemble ». Le cardinal Turkson évoque « l’écologie intégrale » dont le Pape François fait mention dans son encyclique Laudato si’. « On ne saurait combattre la dégradation de l’environnement, si on n’éradique pas les causes liées à la dégradation humaine et sociale » écrit le Pape. Les petites communautés de pécheurs souffrent de l’épuisement des réserves de poissons. Les pauvres n’ont pas de quoi s’acheter des bouteilles d’eau potable, etc.

Le chef de Dicastère juge que les structures de gouvernance existantes concernant les océans sont essentiellement établies dans une perspective « d’utilisation ». Il constate qu’un vide existe en ce qui concerne des organes dirigeants munis d’un mandat de conservation. À un niveau juridique, le cardinal invite à clarifier les différences entre conservation et utilisation.

Enfin, le cardinal Turkson reconnaît le rôle « important » des Nations unies. « Ainsi, une approche plus efficace et unifiée de l’ONU est nécessaire », juge-t-il. Un mécanisme de coordination inter-agences pour les océans serait bienvenu.

Les Nations Unies ont célébré jeudi la Journée mondiale de l’océan dans le cadre de la première Conférence sur les océans qui rassemble du 5 au 9 juin à New York des hauts responsables gouvernementaux, des dirigeants d’entreprise et des acteurs de la société civile pour discuter comment préserver et exploiter de manière durable cette source de vie.

« Ici aux Nations Unies, au quatrième jour de notre Conférence historique sur les océans, nous unissons nos efforts avec nos frères et sœurs de tous les coins de cette planète pour célébrer la majesté de l’océan », a déclaré le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Peter Thomson, co-organisateur de cette conférence, lors d’une cérémonie pour marquer cette journée.

« Nous célébrons sa beauté, longtemps exaltée dans notre musique, notre poésie et notre art, nous engageant lors cette journée spéciale à préserver cette beauté pour toujours. Nous célébrons la richesse de sa générosité, dédiant cette conférence à la durabilité des ressources océaniques. Et nous célébrons le fait que le monde est maintenant davantage conscient du besoin pressant pour l’humanité de commencer à réparer les torts que nous avons fait subir à l’océan », a-t-il ajouté.

Les océans sont en danger
« Les océans font de notre maison commune une planète bleue. Ils régulent le climat, produisent de l’oxygène et offrent des services fournis par les écosystèmes, des services énergétiques et des services en termes de ressources minérales. La vie qu’ils abritent sous la surface et sur leurs rivages est source d’aliments et de médicaments. Les océans nous connectent tous, produisent des liens culturels entre populations et nations et sont essentiels pour faire circuler les biens et les services à travers le monde. On ne soulignera jamais assez l’importance que revêtent nos océans pour chaque être vivant sur notre planète", a déclaré de son côté le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres dans un message pour cette journée.

« Nous devons absolument assurer une gestion et une exploitation durables de nos océans si nous voulons atteindre des objectifs écologiques et économiques pour les communautés du monde », a-t-il ajouté.

Le chef de l’ONU a rappelé que les océans sont confrontés à de multiples menaces, qu’il s’agisse du changement climatique et de l’acidification, de la pollution, et des pratiques de pêche destructrices.

Selon lui, la préservation et l’exploitation durable des océans ne sont possibles que « si nous réussissons à répondre efficacement aux menaces auxquelles les océans sont confrontés ». « Il nous faut collaborer à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Par conséquent, notre avenir sera déterminé par notre volonté collective de partager nos informations et de trouver des solutions à des problèmes communs », a-t-il conclu.

Décennie internationale de l’océanologie au service du développement durable
De son côté, la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a estimé qu’« un océan sain nécessite de solides connaissances mondiales des services océaniques ».

« On ne peut gérer ce qu’on ne peut mesurer, et aucun pays seul n’est capable de mesurer la myriade de changements de l’océan. Des Fidji à la Suède, de la Namibie à l’Arctique, tous les gouvernements et partenaires doivent échanger leurs connaissances afin d’élaborer des politiques communes fondées sur la science », a-t-elle dit dans un message.

Réaliser l’Objectif de développement durable (ODD) 14, qui concerne les océans, « exige de nouvelles solutions scientifiques et leur transformation en stratégies et décisions éclairées », a-t-elle ajouté.

L’UNESCO et ses partenaires recommandent que 2021-2030 soit la Décennie internationale de l’océanologie au service du développement durable. « Nous invitons toutes les personnes intéressées à nous rejoindre et à contribuer à transformer les idées en un vaste plan d’action concertée, assorti de buts et de responsabilités partagés », a dit Mme Bokova.

radinrue.com/News.va/ONU

 
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