jeudi, 21 juin 2018|

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Le PM polonais à Munich scandalise ? A Varsovie cette nouvelle fronde anti-polonaise ne surprend pas.

Répondant au journaliste Ronen Bergman, qui recherchait la provocation pour s’indigner de la loi polonaise qui tend à ajuster les responsabilités des allemands dans les crimes nazis de la 2nde guerre mondiale, et qui rappelle que les polonais furent les victimes du nazismes, et non comme certains le sous tendent, des collaborateurs, le Premier Ministre Polonais a "scandalisé" par sa réponse... Un sentiment d’outrage de ceux qui tendent à critiquer la Pologne qui ne surprend plus...

www.radinrue.com le XVIII - II - MMXVIII, 13h07, Varsovie, par Karl Mègue,

Le premier Ministre polonais Mateusz Morawiecki se trouve à Munich, à une conférence sur la Sécurité. Ce samedi il fut interrogé par un journaliste israélien du “New York Times”, Ronen Bergman, qui tentait de le déstabiliser face à une loi, qui punit de trois ans de prison, les personnes qui prétendent, écrivent ou publient des informations qui dénomment les camps de la mort, tel que Auschwitz par exemple, et qui se trouvent sur le territoire polonais de "camps de la mort polonais", qui sous-entendent que la Pologne est responsable des camps d’exterminations ouverts par les nazis sur son territoire. Par cette loi la Pologne tend à rendre à l’Histoire la vérité. Les camps de Sobibor, Auschwitz ou encore Treblinka furent ceux de l’Allemagne Nazie et non de la Pologne. Cette loi semble pourtant rendre hystérique bon nombre d’observateurs et de contradicteurs de la Pologne actuelle.

Par ailleurs, la Pologne est le pays qui compte actuelelemnt le plus de "justes" c’est à dire de personnes NON JUIVES qui ont aidés et/ou sauvés des familles juives durant la seconde guerre mondiale. Rapellons que 3 millions des 3,2 millions de Juifs qui visaient en Pologne ont été exterminés pendant la guerre, ainsi que 1,9 millions de civils polonais non Juifs, entre 30.000 et 35.000 juifs ont été sauvés grâce à l’aide de Polonais et que 6.707 Polonais ont été qualifiés de "Justes parmi les Nations", soit le contingent le plus important d’un pays.

Mateusz Morawiecki, Premier Ministre polonais, issu du Parti au pouvoir PiS ( Prawo i Sprawiedliwość ), droite catholique, a donc répondu ce samedi à Ronen Bergman, qui lui avait demandé s’il serait puni en Pologne au cas où il raconterait l’histoire des membres de sa famille déportés après avoir été dénoncés à la Gestapo par leurs voisins polonais durant la Seconde Guerre mondiale.

"Ce ne sera pas puni, ce ne sera pas considéré comme criminel que de dire qu’il y avait des auteurs polonais, tout comme il y avait des auteurs juifs, des auteurs ukrainiens ou allemands", a répondu M. Morawiecki en anglais lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.

Cette réponse à suscité un "scandale" dans la presse, alimentée en cela par des propos lapidaires, sans aucun recul comme il se doit dans ce type de réseau sociéta, sur twitter.

A Varsovie cette nouvelle fronde anti-polonaise ne surprend pas. Les propos du PM polonais ne sont pourtant pas dénués de sens. Accusé cet homme, que certains médias étrangers qualifie "de catholique d’origine juive", et ce à tort, car il n’a aucune origine juive, d’antisémite est une aberration à la vue de son action politique et son attachement au judaïsme depuis ses tendres années de vie publique.

Pour le professeur Andrzej Zybertowicz (Conseiller du Président polonais A.Duda) "Certains cercles en Israël et parmi la diaspora juive essayent en fait de faire une sorte d’hystérie anti-polonaise et tentent de faire une interprétation unilatérale et hystérique des paroles du Premier ministre Mateusz Morawiecki, (...) Le problème est que l’Holocauste est devenu le fondement de l’ identité juive moderne, et tout comme la communauté juive qui accusent les Polonais qu’ils ont collaboré (avec les nazis NDLR) dans les crimes contre les Juifs, il semble que la conscience moderne du traumatisme israélien ne cherche pas à étudier la collaboration de certains cercles juifs avec l’Allemagne pendant ce crime" - a déclaré le conseiller du président.

Selon lui, "le message politique sur la volonté de vérité domine pour l’instant" ; Cependant, at-il dit, Israël possède assez « d’intellectuels et historiens de haut niveau » et eux, avec des chercheurs polonais pourrait aboutir « dans un dialogue difficile » à « travailler ensemble pour identifier la vérité. »

À son tour, Marek Suski, Chef du Cabinet du PM polonais, estime que « nous devons défendre la vérité historique » et le Premier ministre Morawiecki le fait.

Suski sur "TVPinfo", a poursuivi, ce référent notamment aux commentaires de Benyamin Nétanyahou, qui avait jugé samedi "scandaleux" les propos de son homologue polonais sur les "auteurs juifs" de la Shoah à l’issu de l’interview avec Bergman, "si cette réaction est basée sur la campagne électorale, qui se déroule actuellement en Israël et la recherche d’une telle façon de gagner des votes, alors l’escalade aura lieu sans doute, mais si nous nous en remettons à la vérité de ce que le Premier ministre Morawiecki a fait jusqu’ici sur la condamnation de l’Holocauste, pour honorer les victimes de ce meurtre terrible, alors si la vérité a une chance de gagner, et j’en suis convaincu, alors ces mots devraient être considérés comme une déclaration de faits évidents". Suski a enchaîné en soulignant "Nous étions des victimes ensemble. Les Polonais dans les camps étaient avec des Juifs, des Roms et d’autres représentants de la coalition anti-nazie. Ensemble, ils sont morts, se sont battus ensemble et ensemble, nous devrions nous battre pour la vérité historique."

Après les réactions suscités par les propos de Morawiecki, les commentaires se déchaînent dans le monde mais bien sur surtout en Pologne, et nombreux forums font resurgir les polémiques sur le triste "Judenrat" des ghettos, notamment de celui de Varsovie.

Pour le Porte-parole du gouvernement polonais, "La voix du Premier ministre Mateusz Morawiecki dans la discussion à Munich n’a pas servi la moindre négation de l’Holocauste ou le fardeau des victimes juives."

Sasin, répondant à la question "si le gouvernement polonais présentera des excuses face aux propos de Morawiecki a répondu "qu’il faut vraiment de la mauvaise volonté pour transcrire les propos du PM comme une tentative de négationnisme de l’Holocaust ou de réécriture de l’Histoire" (...) "Le Premier Ministre a expliqué très méticuleusement, que même s’il y avait des représentants d’autres nationalités des nations soumis au IIIè Reich, qui allaient dans l’activité criminelle en ces temps là, il n’en demeure aucun doute que les responsables du crime sont les allemands, le nazisme allemand, et rien ne changera cela". a ajouté Sasin, en outre pour commenter la qualification de "scandaleuse" portée par le Premier Ministre d’Israël à l’endroit des propos de Morawiecki, Sasin a rétorqué : "je ne vois en rien ce qu’il y a (dans ces propos de Morawiecki NDLR) de scandaleux, précisant "Nous ne pouvons pas ne pas réagir dans ces cas ne pas parler des réalités historiques. La réalité historique est que dans chaque nation, et aussi dans ces nations, qui furent le plus assassinées par les Allemands, et ce également parmi les polonais, il s’en trouvait certains qui se comportaient mal, mais cela ne change pas le fait de qui répond de l’Holocauste.(...) "Le Premier Ministre d’Israël régit dans cette affaire de manière absolument exagérée". Pour Sasin, "tous estiment qu’il a en cela le droit ( de réagir ainsi NDLR), car il défend sa narration historique également. Et nous nous n’y avons pas droit ? Le Premier Ministre du Gouvernement Polonais n’y a pas droit, pour défendre également la dignité de sa Nation et défendre la vérité historique" ?

Pour Sasin, "La Pologne et Israël, comme représentants des victimes de la IIè guerre Mondiale, devraient parler en cette affaire d’une seule voix".

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