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Garder la porte de son cœur ouverte — 4ème partie.

www.radinrue.com le II - V - MMXVII, 10h48 par P. Henri Caldélari

Les mains, prolongement du cœur

Jésus ne se contente pas de voir, d’écouter et de répondre aux questions qui lui sont posées, il réagit aux situations qu’il a sous les yeux. Ses gestes révèlent un cœur ouvert, accueillant et bienveillant envers l’homme : « C’est au fruit qu’on reconnaît l’arbre. » (Mt 12,33). Soyons attentifs aujourd’hui à l’importance et à la place du corps pour exprimer ce que le cœur ressent et vit. Nos mains sont le prolongement du cœur. Les bras du père qui enlacent son fils indigne ne sont-ils pas l’expression d’un cœur grand ouvert (Lc 15) ? Les attitudes du corps reflètent les intentions du cœur et traduisent ce que les yeux ont vu, ce que les oreilles ont perçu. La parole que les actes n’accompagnent pas, est creuse. Verbe fait chair, Jésus nous rejoint avec toute son humanité. Tout ce qu’il est, dit ou fait, révèle l’amour. Il nous communique la vie de Dieu par toute sa personne : sa chair –le toucher, le regard, l’écoute attentive– et sa Parole confirmée par des actes :

« Même pour ressusciter des morts le Sauveur ne se contente pas d’agir par sa parole, qui est pourtant porteuse des ordres divins… il prend sa propre chair, afin de montrer qu’elle a le pouvoir de donner la vie… C’est ce qui est arrivé quand il a ressuscité la fille du chef de la synagogue. En lui disant : « Mon enfant, lève-toi », il l’a prise par la main et lui a donné la vie par le contact de sa sainte chair, témoignant ainsi que, dans son corps comme dans sa parole, une même puissance divine était à l’œuvre.
Ainsi, non seulement il confère à sa parole le pouvoir de ressusciter les morts, mais encore, pour montrer que son corps est vivifiant, il touche les morts, et par sa chair il fait passer la vie dans leurs cadavres. Si le seul contact de sa chair sacrée rend la vie à un corps qui se décompose, quel profit ne trouverons-nous pas à sa vivifiante eucharistie quand nous ferons d’elle notre nourriture ? Elle nous transformera totalement en son bien propre et nous conférera l’immortalité. » (Saint Cyrille d’Alexandrie, Commentaire sur saint Jean, IV)

Le Père nous touche en Jésus

Dieu n’offre pas son salut et son amour à l’homme à distance, mais par contact humain, « d’homme à homme ». Il le fait à travers l’humanité du Christ. Par lui, le Père nous touche et nous fait vivre. L’Evangile foisonne d’exemples qui montrent comment le Seigneur manifeste sa tendresse et son amour, sauve, guérit, purifie et nous relève par le toucher. Ainsi, Jésus guérit la belle-mère de Pierre (Mt 7,14), rend la vie à la fille de Jaïre (Mc 5,41) et arrache Pierre à la violence des flots (Mt 14,31) en les prenant par la main. Il purifie le lépreux (Mc 1,41), rend la vue aux deux aveugles de Jéricho (Mt 20,34), guérit un épileptique (Mc 9,27) et les malades qu’on lui amène en les touchant (Lc 4,40). Il répare de la même manière l’oreille de Malchus (Lc 22,52). Après les avoir embrassés (Mc 9,36), Jésus bénit les enfants qu’on lui présente en leur imposant les mains (Mc 10,16). C’est encore par l’imposition de ses mains qu’il redresse la femme courbée (Lc 13,13) et, qu’après avoir mis de la salive sur ses yeux, il guérit, en deux temps, l’aveugle de Bethsaïda (Mc 8,23).

Deux guérisons se différencient des autres par la façon dont Jésus opère : celle de l’aveugle-né à Jérusalem où il crache par terre, fait de la boue et la lui applique sur les yeux (Jn 9) et celle du sourd-muet de la Décapole où le Seigneur met ses doigts dans les oreilles et dépose de la salive sur sa langue (Mc 7,33). L’un des plus remarquables touchers du Seigneur est le lavement des pieds le soir du Jeudi Saint, geste sauveur par excellence, celui du baptême qui, par anticipation, associe les disciples à sa mort et à sa résurrection. À ces exemples qui ne sont pas exhaustifs, on peut ajouter les trois paraboles de la miséricorde : celle du bon Samaritain qui décrit la compassion multiforme de Dieu envers l’homme par la variété des touchers (Lc 10,34-35), celle de la brebis perdue que le berger, tout joyeux, prend sur ses épaules (Lc 15.5) et celle du père qui se jette au cou de son fils, le prend dans ses bras et le couvre de baisers à son retour au foyer. (Lc 15,5.20).

N’aie pas honte de toucher la chair de ton frère

Êtres de chair, l’amour et la tendresse, les émotions comme les sentiments qui nous habitent passent par le corps. Ils s’expriment par le toucher qui prolonge et confirme la parole. Nous avons besoin de ce contact physique avec l’autre, de le sentir, de le toucher de nos mains pour entrer en relation avec lui. Le toucher, comme le lavement des pieds par exemple (Jn 13,5-9), marque et impressionne. Il établit un contact sensible et donne à la parole toute sa force de persuasion. Le toucher personnalise nos relations humaines. Par le contact des mains, quelque chose de soi passe à l’autre et réciproquement. On n’y est jamais indifférent. Cela signifie que l’on prend soin de nous, que l’on nous considère, que l’on nous aime. On apprécie de sentir sur sa peau ou sur son épaule une main amie, en particulier dans les moments difficiles où le geste remplace les mots pour exprimer l’affection, la compassion. Nos gestes révèlent notre cœur. On a tous besoin d’en recevoir et d’en donner. S’ils procèdent de l’amour, ils sont source de vie.

Il ne faut donc pas avoir peur de toucher de ses mains la chair ou le corps de celui est dans la détresse, qui se trouve démuni ou rejeté à cause de son handicap ou de sa situation, qui a besoin de tendresse, de caresses comme les enfants, le conjoint ou certaines personnes affectées par la maladie. C’est ainsi que Jésus nous invite à le rencontrer et à l’aimer à travers le frère qui est un autre lui-même. Toucher le frère, c’est toucher le Christ lui-même. Les gestes sont le reflet du cœur. Ils traduisent les sentiments et les émotions qui nous habitent, en bien comme en mal.

Est-ce que j’ose le geste qui me fait proche de celui qui a besoin de moi pour lui témoigner présence, aide et amitié ? Suis-je attentif aux gestes que je pose sur les autres ? Sont-ils source de vie ou sont-ils destructeurs ? Sont-ils équivoques, gênants, perturbants ? Sont-ils respectueux de l’autre, gratuits ou intéressés ? Sont-ils vrais ? Qu’expriment-t-ils de moi ? Suis-je présent au geste que je fais quand je serre la main, quand je caresse ou manifeste de l’attention, de la compassion, de la tendresse vis-à-vis de quelqu’un qui est dans la difficulté ou l’épreuve, qui pleure ou se trouve en situation de fragilité ? Est-ce que j’ose manifester ma tendresse, ma proximité fraternelle avec ceux qui en ont besoin ? Suis-je assez simple pour la recevoir ou pour accueillir les gestes nécessaires aux soins que l’on me donne ? Suis-je discret et délicat quand j’ai à en faire ? Ai-je honte ou suis-je mal à l’aise d’accompagner des proches âgés ou des personnes qui ne se contrôlent plus, ne savent plus qui elles sont, qui sont handicapées, défigurées ou déficientes mentales, qui sont mal habillées, sales ou sentent mauvais ?

PARTICIPEZ A LA FÊTE DE L’AMOUR DE DIEU (cliquez ici pour le programme)

Le Père Caldelari dirige le Centre spirituel de la Pomarède qui a ouvert ses portes le 9 juillet 2000. Conçu pour être un espace de silence, de prière, de rencontre fraternelle, d’écoute de la Parole de Dieu et de formation chrétienne, ce centre accueille tous ceux qui aspirent à se ressourcer, qui cherchent Dieu, qui désirent approfondir leur foi ou développer leurs connaissances religieuses par des retraites spirituelles, des sessions de formation, des week-ends etc.

-- Centre spirituel La Pomarède – 15230 PAULHENC, Tél. 04 71 23 61 61 - Site internet :http://la-pomarede.cef.fr

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